Trois jours durant, le premier ministre a plaidé pour un cinquième mandat en faveur du chef de l’Etat. Mais au troisième jour des travaux du Conseil national de son parti, tenu à Alger, Ahmed Ouyahia a fait une révélation pour le moins inattendue : personne n’a demandé à Abdelaziz Bouteflika son avis quant à son intention de briguer un nouveau mandat présidentiel en 2019.

Lors d’une conférence de presse animée samedi à Alger, Ahmed Ouyahia a révélé que son appel pour un 5ème mandat du chef de l’Etat n’engageait que son parti. « Nous n’avons pas discuté de cela » avec le chef de l’Etat. « Il s’agit d’un appel que nous lançons. Le dernier mot lui revient », a assuré Ahmed Ouyahia face à la presse. Interrogé sur la possibilité de voir la santé du président se dégrader, Ahmed Ouyahia a indiqué que cela relève du « destin ».

En revanche, le Premier ministre a révélé qu’il lui arrive de voir le chef de l’Etat. « Si vous connaissez un pays dans le monde dans lequel le chef de l’Etat ne rencontre pas son premier ministre, vous me le citez. Je ne vous dit pas qu’on prend ensemble un café chaque matin. Cela ne relève pas des habitudes, y compris lors qu’il était en bonne santé. Mais je suis content de travailler sous ses ordres et ses orientations », a-t-il indiqué.

Le Premier ministre a vivement défendu le chef de l’Etat. «Etre malade n’est pas une honte », a répliqué Ahmed Ouyahia à ceux qui lui rappellent que le chef de l’Etat n’est pas en bonne santé. « Cela ne l’empêche pas de réfléchir et de prendre des décisions », a-t-il encore indiqué. Il a d’ailleurs considéré, dans ce sens la journaliste Lila Haddad d’agent « à la solde de l’étranger », tout comme il a qualifié Ferhat Mhenni « d’agent » qui veut « créer un groupe terroriste » en Algérie. « Avec ces idées, il (Ferhat Mhenni) fait du mal à l’Algérie et non pas au pouvoir », a indiqué le Premier ministre.

Saïd Sadia