La vidéo fait un tabac sur le Net. Un ministre algérien s’exprime dans un anglais approximatif pour faire des reproches en public à un entrepreneur chinois, qui lui répond dans un arabe classique parfait. Gêne et compagnie, naturellement.

Tout le monde accable le ministre. Pas moi.
Oui ! d’accord ! Notre ministre de la jeunesse et des sports ne parle pas le chinois. Où est le problème ? Cela ne fait même pas 56 ans qu’on est indépendant et quand les Français sont partis, on ne savait ni lire ni écrire. Alors laissez-lui le temps d’apprendre l’arabe, puis le français, puis l’anglais, l’espagnol, l’italien, l’allemand, le russe et enfin le chinois. 56 ans, c’est trop court.
Et comme il est encore jeune notre ministre de la jeunesse et des sports, il a encore le temps d’apprendre. Il nous a déjà donné un échantillon d’un niveau prometteur en arabe, français et anglais dans ses efforts pour faire part à l’entrepreneur chinois de son courroux à la suite du retard pris dans le programme de construction.
On veut bien confier du travail à leurs millions de chômeurs pour les sortir de la misère et du sous-développement, mais leurs responsables doivent au moins avoir l’élégance de faire un effort pour apprendre les rudiments de notre langue.
Car enfin, il est hors de question d’inverser les rôles. On leur donne de l’argent, on ne va pas en plus apprendre le chinois.
Et puis quoi encore ?
Dans ce cas et tant qu’à faire, on devrait aussi leur prêter nos architectes, nos concepteurs, nos designers, nos décorateurs, nos ingénieurs…et puis quoi encore ?
Oui ! d’accord ! Le patron de l’entreprise chinoise parle un arabe académique parfait, contrairement à notre ministre. Et alors ? Cela prouve quoi ? Cela prouve la duplicité de ces Etrangers, qui apprennent notre langue sans nous prévenir. Cela prouve surtout qu’ils ont manigancé leur coup depuis longtemps puisque l’arabe est une langue très difficile qui nécessite des années d’apprentissage. La meilleure preuve c’est que nous n’y sommes pas arrivés après 56 ans.
Dernière chose enfin. Qui peut me prouver que le ministre ne parle pas parfaitement le mandarin, et que dans une attitude toute d’élégance et d’immense modestie, il n’a pas voulu ridiculiser son hôte étranger ?
Cela dit, il faut rester méfiants avec ces gens qui viennent chez nous pour prendre notre argent et qui ont le culot de chercher à nous humilier en parlant mieux que nous notre langue, sans même nous demander l’autorisation et sans même nous prévenir, et qui plus est, en présence des médias.

Aziz Benyahia