L’affaire de la saisie de la cocaïne au port d’Oran n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Au fur et à mesure que l’instruction avance, apparaissent des noms de gros bonnets qui ont un lien, direct ou indirect, avec Kamel «le boucher» et ses associés.

L’affaire « dépasse le dossier Khalifa»  a commenté un journaliste spécialisé.

Des noms de personnalités et de cadres supérieurs de l’Etat seraient apparus comme faisant partie des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête sur l’affaire de l’importation de la cocaïne.

Au moins 4 juges, dont deux travaillent à Alger et deux autres à Boumerdès, le chauffeur personnel du premier responsable de la DGSN, le fils de l’ancien premier ministre, Abdelmadjid Tebboune (relâché en cours de journée) et de hauts fonctionnaires de l’Etat auraient ainsi été entendus par les enquêteurs.

Ils feraient l’objet d’interrogatoires poussés par les juges d’instruction du pôle pénal spécialisé du Tribunal d’Alger.

D’autres sources indiquent également que le Garde ses Sceaux, Tayeb Louh, aurait envoyé un inspecteur de son département pour interroger le principal suspect sur ses liens avec des hauts cadres de l’Etat.

Plus que cela, le ministère de la Justice serait entrain d’enquêter sur l’implication directe d’un procureur général d’une wilaya de l’Est du pays dans cette affaire.

Les implications des cadres de la justice seraient notamment liées à des informations qu’auraient fourni ces magistrats au magnat emprisonné dans des opérations de vente aux enchères de biens immobiliers. Kamel « le boucher » aurait, en contrepartie, rétribué ses informateurs par des maisons offertes gracieusement.

L’enquête des gendarmes s’étendrait à de hauts gradés de l’armée. Au moins quatre officiers supérieurs seraient dans la liste des personnes à interroger dans ce dossier aux ramifications internationales.

Y-a-t-il des complicités politiques dans ce dossier ? Difficile de répondre à cette question tout comme il est difficile de savoir si le gouvernement serait prêt à aller plus loin dans ce dossier qui semble être l’un des scandales les plus graves qu’a connue l’Algérie depuis son indépendance.