Depuis l’indépendance, le pays a consenti des efforts et des moyens énormes pour généraliser l’accès à l’éducation et à réduire l’analphabétisme. Cependant le système éducatif actuel se révèle inefficace, inégalitaire, avec des fortes disparités régionales, et inadapté au modèle économique qui ambitionne de sortir d’une économie rentière pour aborder une économie diversifiée productive basée sur la connaissance.

A l’université, les filières scientifiques et techniques sont en chute libre. L’Université, dominée par le pouvoir administratif, ne peut promouvoir que la médiocratie. Les relations université-entreprise sont balbutiantes. Peut-on concevoir le développement de l’économie sans l’apport de l’université en matière de formation, d’innovation, de brevets, d’études et de prospectives ?

La recherche scientifique (fondamentale, appliquée) par la modicité des moyens est insignifiante. Sans le développement de la science, le pays sera toujours dépendant de la technologie étrangère. Et la technologie ne peut prospérer sans un haut niveau scientifique

La Formation Professionnelle, dévalorisée assure insuffisamment la formation des jeunes qui ont décroché, qui n’ont pas eu le baccalauréat.

 

Au moment où tous les pays cherchent à valoriser le savoir, la connaissance, comme bases solides de leur existence, de leur souveraineté, notre pays ne semble pas être animé d’une telle démarche, d’une telle ambition.

L’échec est dû en grande partie à la méthodologie du « parcoeurisme »,  de la « répétition » d’un contenu non adapté à réflexion, au raisonnement, au savoir, à la connaissance.

Aussi le « PAC 21 » affirme que le temps du Changement à tous les échelons de l’enseignement est arrivé. Pour cela un véritable ‟PLAN IKRA, HORIZON 2039 doit être entrepris. Ce plan doit répondre à deux défis :

Le Défi de la Cohésion Sociale : L’enseignement est obligatoire au moins jusqu‘au collège. Il est inadmissible, intolérable au 21ème siècle que les enfants abandonnent  l’école en bas âge, notamment les filles, particulièrement dans les zones périurbaines et les zones rurales. L’enseignement public est gratuit et doit garantir l’égalité des chances  à tous les enfants, à tous les jeunes quelque soient leurs conditions sociales et leurs lieus d’habitations.

Le Défi Pédagogique : Ce défi est au cœur du Changement, au cœur de la « Bataille de la Survie » de l’Algérie. Ce défi consiste en la recherche constante, permanente de la Qualité. D’une Education jusque la quantitative il faut passer à une Education qualitative à tous les niveaux , basée sur le savoir, la connaissance,  axée sur l’aptitude au raisonnement , à la réflexion , à l’analyse , à la critique , à l’éveil intellectuel et  culturel , afin que le citoyen algérien soit bien formé , compétent , ouvert sur un monde en mutation rapide. Ce défi pédagogique est capital,  stratégique. Il est la condition de la réussite des générations futures pour une Algérie forte  dans un monde changeant et impitoyable pour les plus faibles. Ce défi est un combat, un combat qui doit rassembler toutes les compétences,  toutes les forces de progrès de la société pour s’opposer,  et ce n’est pas une mince affaire, aux forces de l’ignorance, aux forces passéistes, aux forces  mercantiles qui sont bien organisées, insensibles et hostiles à toute idée de changement.  Il faut cesser les querelles byzantines et se focaliser, se concentrer sur ce vrai combat avec détermination,  conviction.  Ce combat sera pacifique, difficile avec une obligation de résultat : la victoire .La victoire d’une Algérie désireuse d’exister, d’une Algérie qui compte sur elle même, d’une Algérie ouverte au monde.

Le <<PAC21>> a pour ambition d’être le lien de toutes les énergies concourant à un changement qualitatif à tous les paliers du système éducatif, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur.

La santé, le pilier de la cohésion sociale 

Il apparaît de plus en plus clairement aux citoyens que le système de santé s’oriente vers un système privé non conventionné, à côté d’un secteur public, hospitalier, qui se dégrade de plus en plus. Un système où le patient est un client qui paie des soins en fonction de ses moyens ?

La nouvelle loi sanitaire ambigüe, floue, contradictoire, engendre plus de désordre que de cohésion.

Le <<PAC 21 >> estime et affirme que la santé est un pilier de la cohésion sociale (au même titre que l’éducation, la justice).

Le <<PAC 21 >>opte pour un système de santé défini par l’équité (<<le PAC 21>> s’engage à abolir la commission nationale des soins à l’étranger), couvrant l’ensemble du territoire dans un même et seul système de financement (regroupement des moyens financiers : Etat, Sécurité Sociale, Assurances, Mutuelles…) qui financera des programmes et non des structures, des programmes bien identifiés reposant sur des informations statistiques (fiables, pertinentes, permanentes, disponibles à tous) et des études épidémiologiques.

Le « PAC 21 » préconise un changement dans l’organisation sanitaire qui

se basera  sur l’échelle régionale : la région sanitaire. La région sanitaire définit son propre projet de santé, ses propres besoins, ses moyens, sa planification. Le ministère de la santé agit au plan national, il met en œuvre et coordonne la politique nationale de santé.

Le <<PAC21>>cible des défis majeurs de santé publique engageant l’ensemble des professionnels de santé, publics et privés (praticiens, techniciens, agents para médicaux, gestionnaires, sociétés savantes, mouvement associatifs, médias…)

Le défi démographique 

La croissance démographique élevée (un millions de naissances par an)

risque d’hypothéquer une politique de croissance et de développement en multipliant les besoins sociaux, les infrastructures .Il faut vite que l’Etat revienne a une croissance démographique maitrisée pour sauvegarder l’Education de base, et la santé des femmes.

Le Défi de la Santé Mentale 

Là aussi le défi est,  immense, urgent, multiple (psycho-traumatismes, toxicomanies, violences…)

Le « PAC 21 » s’engage pour une politique sérieuse, énergique, de promotion de la santé mentale (développement des infrastructures notamment des centres intermédiaires de santé mentale…).

Le Défi des Maladies Non Transmissibles (Les MNT) 

La lutte contre les MNT(cancer, diabète, HTA, maladies cardiovasculaires…)   est le véritable défi médical posé aux praticiens, aux autres professionnels de la santé ainsi que les gestionnaires au cours de ces 20 prochaines années (2019-2039), comme fut la lute contre les maladies infectieuses aux lendemains de l’indépendance. La stratégie ne doit pas uniquement se focaliser sur l’aspect curatif (très coûteuse par ailleurs) mais aussi, ce qui est négligé actuellement, sur la prévention des facteurs de risque, particulièrement la sédentarité et les habitudes alimentaires, conséquences de la vie urbaine (70% de la population algérienne vit en zones urbaines et périurbaines).

Le <<PAC21>>dans la lutte contre la sédentarité, s’engage à faire de la pratique de l’activité physique une réalité nouvelle saine de la société algérienne (école, collège, lycée , université, entreprise, administration, cellule familiale )

Le « PAC 21 » s’engage à promouvoir une politique d’éducation nutritionnelle à tous les niveaux pour lutter contre la consommation exagérée d’aliments très caloriques riches en sucre (les Algériens consomment 3 fois plus de sucre par rapport aux normes internationales) du sel et des matières grasses à l’origine de l’explosion des maladies cardiovasculaires (HTA…), des maladies métaboliques (diabète, obésité…).

Le Défi des Urgences 

Des urgences modernes, sécurisées sont à réorganiser, des nouvelles à créer sur l’ensemble du territoire. L’investissement dans les urgences est un point capital, car c’est à ce niveau là que se noue la confiance du citoyen envers le système de santé.

Le Défi médical des zones enclavées, du Sud, ou  «le  défi de la Fracture Médicale »

« La fracture médicale » dans certaines régions de l’intérieur du pays (zones enclavées), du Sud, est intolérable après 56 ans d’indépendance. Une politique d’investissement, de dialogue, de concertation avec l’ensembles des acteurs de santé et une adhésion libre et responsable des professionnels de santé aboutira a l’objectif recherché : une autonomie sanitaire de ces régions.

Autre défis à noter 

Industrie pharmaceutique (défi productif : biosimilaires , biotechnologies ; défi organisationnel : rendre opérationnelle l’Agence du Médicament ), dossier médical électronique, consultation et hospitalisation à domicile, soins palliatifs, formation médicale et paramédicale continue (à rendre obligatoire) , télémédecine…

 

En conclusion : le message en matière de santé porté par le « PAC 21 » peut se résumer ainsi : <<une Médecine de qualité, une Santé pour tous>>

Par le Docteur Bachir MERAD-BOUDIA