Malgré une rente importante, une embellie financière (2002-2014), sa population jeune, ses importantes ressources ainsi que sa situation géographique favorable, le pays n’a pas eu la trajectoire de développement qu’il aurait dû avoir. Des pays, au même point de départ, de même revenu intermédiaire, voire même inferieur, ont des performances économiques en termes de croissance, d’emplois bien supérieurs. Quelque soit l’indicateur d’analyse retenu, l’Algérie figure en queue de peloton dans les classements internationaux.

Cette dépendance rentière est source de pratiques et de mécanismes frauduleux (l’Algérie est classée parmi les pays où le degré de corruption est l’un des plus élevés au monde).

Il faut donc tourner cette ère de façon urgente, résolue et ouvrir une nouvelle ère, celle de la Diversification Economique qui exige un Nouveau Projet Economique (NPE)

 

Une première question se pose : est ce que le système actuel et ses acteurs sont ils les mieux placés pour entreprendre cette nouvelle politique économique ?

Pour le « PAC 21 », la réponse est négative. Les acteurs de la rente ne sont pas qualifiés pour piloter le Changement économique.

Une deuxième question se pose : tous les acteurs quel qu’ils soient, évoquent le nouveau modèle économique. Mais quelle Diversification ? Quels choix ?, quels acteurs ?, quelles réformes ?, quel programme ?, quel agenda ?,…Ce sont toutes ces questions auxquelles il faut apporter des réponses claires qui sont posées à ceux qui gouvernent et à ceux qui ont l’ambition de gouverner. La société algérienne, et plus particulièrement la sphère économique, ne supporte plus le caractère ambigu, flou de la situation actuelle. La société veut un cadre économique clair, transparent avec des règles précises, qui assume la Diversification promise par les uns et les autres.

Dans le cadre du changement pacifique, progressif, profond que propose « le PAC21 », le nouveau projet économique (NPE) centré sur la diversification est la « Mère des Batailles » pour réussir le Changement. Le NPE doit enclencher une dynamique sur une période de 20 ans (2019-2039) et doit assurer une croissance (taux minimum 5%) ,un progrès, une prospérité pour tous propulsant l’Algérie dans le rang des pays émergents.

 

 

Objectifs du Nouveau Projet Economique (NPE)

  1. Hydrocarbures et Gaz de Schiste :

Il est bon et utile d’affirmer clairement, que pour une bonne période encore, l’exploitation des hydrocarbures restera la source principale de devises. De ce fait, il faut améliorer la compétitivité du secteur, dans le contexte actuel très mouvant de concurrence ardue.

Dans cette problématique, se pose la question du gaz de schiste, qui pour certains est une réponse aux difficultés financières que connait le pays. De nombreux pays ont décrété un moratoire portant sur les techniques de facturation hydraulique et les risques  possibles de pollution de l’eau souterraine.

Le « PAC 21 » s’engage à décréter un moratoire durant lequel les compétences scientifiques nationales (géologues, ingénieurs, techniciens, économistes, écologistes…) évaluent exactement la réalité de l’importance du gisement du gaz de schiste, étudient, analysent la technique de facturation et l’impact écologique, le coût de l’investissement…Il ne s’agit pas de se ruer vers l’exploitation du gaz de schiste qui ne serait opérationnelle aux dires des spécialistes que d’ici 2030. La nappe albienne et les perspectives agricoles du Sahara, le potentiel d’énergie solaire (énergies renouvelables) ne sont il pas plus profitables qu’un investissement dans le gaz de schiste problématique, onéreux ?

Cette question stratégique doit être posée et abordée avec vigilance  et discernement et un suivi rigoureux.

  1. Affirmer le choix du modèle du nouveau projet économique (NPE):

Le projet économique proprement dit que propose le « PAC 21 » repose sur des principes sur lesquels le « PAC 21 » s’engage pour une Economie de marché, Diversifiée, Productive.

Le « PAC 21 » rassurera les investisseurs extérieurs qui contribuent à l’émergence d’une économie productive. Le « PAC 21 » dira NON à ceux qui parient sur une économie fondée sur la rente pétrolière, les importations massives et leurs réseaux occultes.

Le « PAC 21 » affirme que toutes les modalités d’action économique sont possibles les combinaisons de partenariats multiples, de colocalisations, de coentreprises.

  1. Affirmer et faire que le secteur privé devienne l’acteur majeur du « Changement Economique » : producteur de richesses et d’emplois.

L’intérêt doit être porté aussi bien sur les grands groupes industriels que sur les TPE (très petites entreprises), que sur les PME (petites et moyennes entreprises). On note une faible création d’entreprises (600.000). Il faut tracer un objectif d’au moins 1500.000 à 2 millions entreprises.

  1. Eriger la jeunesse en acteur décisif :

Notamment dans les secteurs de nouvelles technologies, de l’économie numérique, des énergies renouvelables, dans la modernisation de l’agriculture, dans le tourisme… en créant les conditions favorables à l’innovation, à la création d’entreprises (start up…)

  1. Augmenter de façon significative la participation des femmes dans la sphère économique: (moins de 10% actuellement, l’objectif devrait être de 40à50% à l’horizon 2039)
  2. Affirmer et Assurer pour les premières années (2019-2024) une réelle politique économique de Diversification :

Développer l’Economie Numérique comme nouveau vecteur de croissance et qui permettra la modernisation de l’économie. Il s’agit là d’un secteur stratégique d’une URGENCE ABSOLUE

Développer les Energies Renouvelables

Ce secteur, très en retard actuellement, est pourtant porteur d’un immense potentiel. L’Algérie a l’un des gisements solaires les plus forts au monde grâce à un ensoleillement intensif et permanent toute l’année (haut plateaux, Sahara avec plus de 3000 heures d’exposition/an). Ce secteur doit devenir un secteur industriel productif, stratégique dans une optique de partenariat public, privé national, privé étranger. Il s’agit là d’une URGENCE VITALE.

L’agriculture (politique de modernisation, remembrement), l’agro-industrie (politique d’exportation) et l’industrie touristique (objectif 5 millions de touristes), longtemps délaissées par le système économique rentier doivent contribuer beaucoup plus à la richesse nationale d’autant qu’il s’agit d’activités fortement pourvoyeuses d’emplois.

Autres secteurs économiques à développer participant à la diversification :

L’industrie minière hors hydrocarbures : les industries minières ne contribuent actuellement qu’à la hauteur de 1% du PIB en dépit de ressources et de richesses énormes que disposent le pays (phosphate, fer, or, plomb, zinc, manganèse, pierres précieuse, potentiel en terres rares de qualité très prometteur dans le domaine de haute technologie,…). Il est temps que le pays  exploite, valorise l’ensemble des richesses minières dans le cadre de partenariats et avec les conditions d’études économiques préalables sérieuses (coût…) et de tenir compte impérativement de la donne écologique

Sous traitance : seulement pas plus de 1000 entreprises évolueraient dans le secteur de la sous traitance, soit à peine de 1% de l’ensemble des PME du tissu industriel. L’objectif est d’atteindre au minimum 20% à 25%

Développer les industries des activités culturelles : (livre, musique, cinéma…) de divertissement (salles de spectacles…) de loisirs (aqua-parcs …) et des activités sportives (salles de sports…)

Promouvoir le ‟SUD” comme espace économique d’avenir du pays (hydrocarbures, énergies renouvelables, agriculture, tourisme, « hub » pour l’Afrique) [voir partie V, l’ambition africaine]

Densifier les rapports économiques intra maghrébins (actuellement à un niveau très bas) pour aboutir à un espace économique maghrébin susceptible de devenir un espace économique à la hauteur des enjeux de la mondialisation. Cet objectif suppose une volonté d’un Maghreb uni (voir partie V ; l’ambition maghrébine)

 

Les Réformes (Transformation Economique et Sociale)

Sortir du ‟tout hydrocarbures” est une exigence acceptée par tous. Le Changement Economique impose des Réformes concernant l’information, l’administration, l’appareil économique et l’Etat

  1. L’information économique :

Il est étonnant et désolant qu’après 56 ans d’indépendance, l’économie algérienne ne dispose pas de statistiques régulières, pertinentes. Sans statistiques réelles, vraies,  fiables, pertinentes et permanente disponibles  à tous, rien ne peut être construit sérieusement.

Le « PAC 21 » s’engage à promouvoir les outils d’information à toute action économique, à savoir :  Les études statistiques (publiques, privées) permanentes évaluant régulièrement les paramètres d’analyse économique.  Les initiatives, les créations (publiques, privées) de groupes, de cercles de réflexion et d’analyse à l’expertise économique (thinkthank), Les instituts de sondage (publics, prives)

 

  1. L’administration :

La bureaucratie actuelle est une entrave au développement du pays car elle use et tue l’initiative, l’investissement. La réforme de l’administration est le socle sur lequel le changement s’opère, induit par la stratégie de diversification.

 

  1. Réformes économiques :

Le <<PAC 21>> s’engage à la promulgation et à la mise en place des Réformes(2019-2024) à savoir la réforme en profondeur du secteur bancaire et financier, une grande reforme fiscale et budgétaire qui permet la transition vers la fin de la dépendance à la rente , assouplir au maximum les contraintes bureaucratiques, restaurer une bonne gouvernance publique avec une transparence dans la gestion des finances …

2 points essentiels sont à noter et qui sont au cœur des Réformes :

La disposition du 51/49 : Cette règle a été introduite dans des conditions économiques bien précises en 2009 bien avant la chute du prix du pétrole.

Cette mesure n’a-t-elle pas découragé les opérateurs privés nationaux et étrangers, les entreprises étrangères à investir ? Cette règle doit elle être maintenue ! Ne doit-elle pas être abolie pour les secteurs non stratégiques !

Le problème des subventions : Tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut sortir du système actuel de subventions qui pèse pour prés du quart du budget de l’Etat. Un système inefficace, injuste, qui profite plus aux ménages aisés (environs 30%) que les autres ménages (environ 70%), un système qui engendre des détournements. Selon le gouvernement actuel le ciblage des subventions qui prendra effet d’ici 2ans passe par l’établissement d’un fichier établi sur des listes de ménages démunies établies par l’administration.  Ce système risque de couvrir peu de personnes, de retarder la réforme des subventions. Quel est le seuil de pauvreté ? Combien sont-ils ? Les classes moyennes ne se sont-elles pas appauvries ? Selon une enquête ONS datant de 2010, 80% des ménages algériens consacrent un plancher incompressible de 70% de leurs dépenses totales en alimentation et en logement. La gestion du ciblage est complexe, difficile, d’autant que le système d’information est peu fiable, peu vérifiable.

Un thinkthank algérien bien connu propose deux alternatives originales généralisables rapidement. Les propositions (ciblage progressif, revenu universel) de ce thinthank sont  très intéressantes à étudier car la question des subventions n’est plus ni moins que la question de la relance économique et donc de la diversification.

Cette question des subventions pose finalement l’enjeu du changement économique. Elle est une question centrale à aborder lors des élections présidentielles prochaines.

Ces Réformes Economiques à mettre en place seront contenues dans un document  dénommé  « FEUILLE DE ROUTE»   (document économique global de la période 2019-2024) et intégrées dans un document dénommé « HORIZON 2039»  (Vision à long terme)  après débat général et adoption par les participants au débat  (voire partie VI : L’APPEL).

  1. Rôle de l’Etat :

Le NPE implique pour sa mise en œuvre un nouveau rôle de l’Etat. Au rôle actuel de l’Etat qui se caractérise par un interventionnisme inefficace et contre productif, doit se substituer un Etat, qui en sus de ses fonctions régaliennes, est un Etat stratège qui assure un rôle régulateur, facilitateur et catalyseur des projets productifs sans omettre sa fonction économique dans des activités stratégiques.

Agenda (2019-2039) :

1ére étape : 2019-2024                                                                                                  

Mise en place des Réformes

Début de mise en œuvre du Nouveau Projet Economique

2éme étape : 2024-2029

Réalité de la Diversification Economique dans les faits

Progression des exportations hors hydrocarbures

3eme étape : 2029-2039

Approfondissement de la diversification économique

Exportation hors hydrocarbures = 50% des exportations totales

L’Algérie intègre le groupe des pays économiquement émergents

 

En conclusion, le modèle économique axé sur la Diversification et sur l’Exportation que propose le <<PAC 21>> repose finalement sur un trépied. Il s’agit de promouvoir l’entreprise privée algérienne, l’entreprise publique et le capital étranger comme acteurs clé du nouveau modèle de croissance économique.

Une convergence entre ces acteurs peut être impulsée par un Etat stratège en cohérence avec les lignes forces du marché d’autant que l’orientation de l’activité vise le marché intérieur et les marchés extérieurs.

Cette dynamique peut déboucher vers l’émergence et la consolidation entre ces trois acteurs.

A plus long terme (au-delà de 2039) il faut dépasser ce modèle de diversification pour déboucher sur des productions souveraines qui résulteraient de l’accumulation scientifique, technique et cultuelle de la période 2019-2039.

Par le Docteur Bachir MERAD-BOUDIA

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