Dénoncer les malversations et s’opposer à la corruption peut coûter très cher à un travailleur Algérien engagé en faveur de la défense de la droiture au sein de son entreprise. C’est du moins ce que nous apprend l’histoire de Khatir Allel, délégué syndical de la section UGTA de l’EPE TVC, une entreprise publique issue de la restructuration de la fameuse Société Nationale du Transport des Voyageurs (SNTV).

Depuis 1983, la SNTV est restructurée en créant 5 entités régionales : TV Centre (TVC), TV Est (TVE), TV Ouest (TVO), TV Sud-Est (TVSE), TV Sud-Ouest (TVSE). L’EPE TVC est l’entité qui a hérité de toutes les lignes de bus de transport des voyageurs depuis la capitale Alger vers les autres grandes villes du pays. Avec près une flotte de près de 80 bus, l’EPE TVC est l’un des opérateurs les plus importants dans le secteur du transport des voyageurs algériens.

Un opérateur qui est en proie à plusieurs pratiques de malversation et de détournement des deniers publics comme il a été rapporté par Algérie Part dans ses précédentes révélations. Des scandales qui ont largement déstabilisé la direction générale de l’EPE TVC au point de les inciter à licencier sans aucun respect de la législation du travail Khatir Allel, le secrétaire générale de la section syndicale UGTA de cette entreprise publique. Ce dernier est suspendu depuis avril 2016 en raison de ses multiples écrits adressés aux autorités publiques pour dénoncer avec des preuves à l’appui la gestion scandaleuse des biens et fonds de l’entreprise où il a été élu par ses camarades travailleurs afin de défendre leurs droits et intérêts.

 

Cette mission lui valu les foudres des responsables de l’EPE TVC qui ne tolèrent pas que leurs agissements immoraux soient portés sur la place publique. Limogé de son poste de travail, le délégué syndical va entamer une rude bataille judiciaire pour réclamer son réintégration. La justice finit par lui donner raison. Mais son la hiérarchie de son entreprise refuse d’appliquer cette décision de justice. L’UGTA, en dépit de sa proximité avec le pouvoir politique, n’a pas réussi à faire aboutir ses pressions sur l’EPE TVC qui refuse toujours de réintégrer dans ses effectifs Khatir Allel, réhabilité et défendu par la justice.

Depuis le début de cette année 2018, l’UGTA a multiplié les écrits et les correspondances pour réclamer à la direction générale de l’entreprise publique chargée du transport des voyageurs au centre du pays de lever définitivement la décision de suspension de ce délégué syndical privé de son gagne-pain depuis plus de deux ans. L’UGTA dénonce ouvertement un comportement “nuisible” et irresponsable. Mais ses réclamations restent toujours lettres mortes. L’entreprise publique ne veut, décidément, pas d’un militant anti-corruption parmi ses rangs. Cet “élément perturbateur” dérange les affaires louches de ces gestions et amateurs de la Tchippa. Algérie Part reviendra sur le dossier de cette société issue de la SNTV dans ses toutes prochaines investigations.