Avec une flotte d’environ 80 bus, l’entreprise publique de transport de voyageurs du Centre (EPE TVC) est l’un des plus importants transporteurs de voyageurs en Algérie. Ses bus rallient la capitale Alger à Ghardaïa, Adrar, Oran et les autres grandes villes du pays. Malheureusement, cette entreprise publique, filiale du groupe TRANSEV, est secouée en ce moment par des scandales de détournement d’argent public sur fonds de mauvaise gestion. Algérie Part a mené l’enquête. Nous avons obtenu des documents exclusifs qui relatent les affaires sombres plongeant cette entreprise publique dans une profonde crise morale. 

Comme le montre ce document, face aux pratiques occultes de la direction générale de l’EPE TVC, la section syndicale de l’entreprise, affiliée à l’UGTA, fait éclater le scandale et saisit officiellement le ministre des Transports en février 2016 pour dénoncer de nombreuses malversations financières. A titre d’exemple, le directeur générale de l’EPE TVC a refusé d’effectuer, depuis 3 ans, l’inventaire de l’entreprise pour faire preuve de transparence dans sa gestion. Pis encore, la direction générale de cette entreprise publique a procédé à une manœuvre illégale pour obliger des travailleurs à signer à blanc des Procès verbaux (PV) d’un inventaire qui n’a jamais… eu lieu.

Et pour casser la moindre volonté de dénonciation au sein des travailleurs, la direction générale de l’EPE TVC recourt à la répression pure et simple. Des droits des travailleurs ont été bafoués, les élections au comité de Participation ont été sabotées, d’autres employés ont été intimidés et harcelés, le syndicat de cette entreprise publique a dénoncé en 2016 un véritable acharnement.

 

Plus tard, le 19 juin 2016, Khetir Allel, le secrétaire général de la section syndicale UGTA de l’EPE TVC a interpellé par courrier cette fois-ci le président du groupe TRANSEV, la maison-mère de l’EPE TVC. Et dans ce document en notre possession, le syndicaliste dénonce des faits dangereux à l’image du recrutement d’un directeur d’administration générale (DGA) qui a fait de la prison pour des délits très graves.

Dés son installation, ce haut cadre est accusé par le syndicat de l’entreprise de verser dans toutes les malversations et le non-respect des droits des travailleurs. Pour étayer ses propos, le représentant des travailleurs de l’EPE TVC avance des arguments : l’avis d’appel d’offres du marché public pour le réaménagement de l’unité d’Oued-Smar. Dans ce dossier, monsieur le DGA a refusé d’ouvrir les plis en sa qualité de président de la commission d’ouverture des plis. Le motif invoqué : son ami le PDG de l’entreprise avait des amis parmi les candidats et pour ne pas froisser ces  “amis”, il fallait déclarer l’appel d’offres infructueux !

Le syndicaliste raconte également dans sa lettre comment la direction générale de l’EPE TVC a profité de la faiblesse des facultés mentales d’un employé licencié abusivement, puis réintégré dans son poste de travail suite à une décision de juste, pour l’obliger à restituer une somme de 40 millions de centimes qui lui revenait de droit à la suite d’un procès qu’il avait gagné contre les responsables de l’EPE TVC.

Détournements et vols des biens de l’entreprises, des rapports d’activités qui disparaissent étrangement, des licenciements abusifs et une criante mauvaise gestion entraînant ainsi de très mauvais résultats financiers, le SG de la section syndicale UGTA de l’EPE TVC avancent des faits datés, chiffrés et des arguments palpables pour réclamer l’intervention des autorités et de la tutelle pour sauver une entreprise publique d’une véritable déchéance. Malheureusement, ces appels n’ont pas trouvé une oreille attentive et l’EPE TVC continue de patauger dans les déficits et les dysfonctionnements compromettant ainsi l’avenir de pas moins de 250 employés. Algérie Part détient encore d’autres dossiers et preuves accablantes contre les hauts responsables de cette entreprise publique de transport des voyageurs. Nous ferons de nouvelles révélations dans nos prochaines publications.