Depuis plusieurs années, l’Algérie est  liée à plusieurs organisations et pays à travers le monde par des conventions internationales. Signées et conclues par les autorités algériennes, ces conventions ont un impact direct sur le quotidien des Algériens. Dans cette contribution, nous allons analyser les tenants et aboutissants des principaux tenants et aboutissants  de toutes ces conventions internationales que la quasi-majorité des Algériens ne connaissent pas. Zoom. 

Accord d’association entre l’Algérie et l’Union Européenne (UE)

Les relations entre l’Algérie et l’UE sont basées sur un accord d’association signé en
2005 dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen. Elles concernent principalement les domaines de la politique, de l’économie, du commerce, de la coopération technique et financière et de l’aide humanitaire. Cet accord s’est traduit par un manque à gagner en droits de douane de l’ordre d’USD 7 Mrd sur la période 2005-2015, et en 2016, cette perte a été évaluée à USD 109 Mrd, ce qui a amené le gouvernement algérien à prendre la décision de renégocier cet accord avec l’UE. Suite à la visite de travail de la Vice-Présidente de la Commission Européenne, Madame Federica Monghorini en septembre 2016, les négociations avec la partie algérienne ont été conclues par la signature de trois conventions de financements dans le cadre de la coopération bilatérale dans les domaines d’appui à la justice et à la formation-emploi.

Négociation d’adhésion à l’OMC

La dernière réunion du groupe de l’OMC s’est déroulée en mars 2014 à Genève. Il
est encore difficile de se prononcer sur une possible accession de l’Algérie à l’OMC
car la question demeure très controversée au sein du pouvoir et les mesures au
niveau de la politique économique du pays ne sont pas adaptées aux standards de
l’OMC. Pour rappel, l’Algérie et la Suisse ont achevé les négociations bilatérales
dans le cadre de l’adhésion de l’Algérie à cette organisation mondiale en 2012.

 

Zone arabe de libre échange (ZALE)

L’adhésion de l’Algérie à la ZALE est remise en question. Le pays projette de revoir
ses accords commerciaux avec la ZALE compte tenu des clauses qui stipulent que
lorsqu’un pays s’estime lésé dans les échanges commerciaux, ce dernier peut
demander une révision des accords et de ses modalités d’application.

Convention de partenariat avec la Tunisie

Des obstacles à l’investissement persistent encore entre l’Algérie et la Tunisie. Dans
le cadre de l’accord bilatéral préférentiel signé entre les deux pays en 2008 et entré
en vigueur le 1er mars 2014, seulement 2000 produits ont été soumis au libreéchange.
S’ajoutent à cela le système de licence de différents produits qui a été mis
en place afin de maîtriser les importations algériennes d’une part, et l’accord de
reconnaissance de conformité aux normes algériennes qui n’a pas été à ce jour
signé entre les deux pays d’autre part.

En 2015, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 1,5 Mrd d’euros. En 2016, une convention de partenariat visant le développement de l’investissement algéro-tunisien dans différents secteurs a été signée entre le Club des entrepreneurs et investisseurs Grand Constantinois (CEIGC) et la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CECT).

Il s’agit de la mise en place d’une coordination entre ces deux organisations patronales pour l’intensification des rencontres entre opérateurs économiques des deux parties, tout en contribuant à augmenter le volume de leurs échanges économiques.

Collaboration Chine – Algérie

La Chine est le premier fournisseur commercial de l’Algérie en 2016 avec USD 8,22
Mrd, sur un total de USD 51,5 Mrd d’importations. L’Algérie et la Chine ont renforcé
leur coopération par la signature d’un accord cadre relatif à la coopération dans le
domaine du renforcement des capacités productives en octobre 2016. La convention
permettra à l’Algérie de bénéficier de l’expérience chinoise dans les filières de
l’industrie et des mines, principalement dans les domaines de l’industrie mécanique,
le ferroviaire, l’électroménager, l’industrie pétrolière, l’infrastructure de base, ainsi
que les énergies renouvelables.

Coopération France – Algérie

La coopération entre l’Algérie et la France s’est intensifiée en 2016. De nombreux
accords ont été signés. Ces accords de partenariat concernent les secteurs du transport ferroviaire, l’industrie automobile et l’agroalimentaire, ainsi que la réalisation, le long de l’autoroute Est-Ouest, d’un parc industriel de 3000 hectares au minimum.
Selon les chiffres des Douanes algériennes, les échanges commerciaux entre l’Algérie et la France ont totalisé USD 10,3 Mrd en 2016. La France est le deuxième
fournisseur de l’Algérie et son troisième client.

Coopération Emirats Arabe Unis (EAU) – Algérie

En 2016, 40 accords et mémorandums d’entente ont été signés entre les EAU et
l’Algérie. Ils portent essentiellement sur l’investissement, le partenariat, la normalisation, la gestion des parcs industriels, les petites et moyennes entreprises, le tourisme, la non double imposition, l’enseignement, la magistrature, l’agriculture, l’environnement, l’information, le transport maritime, les ports, les services aériens et même la protection du consommateur. L’Algérie et les EAU disposent d’une commission conjointe qui se réunie périodiquement depuis 1984, d’un mécanisme de concertation politique, d’une commission de suivi du dossier des investissements et d’une commission douanière.

 Coopération Arabie Saoudite – Algérie

Huit mémorandums d’entente et accords de partenariat économique dans différents
domaines ont été signés entre l’Algérie et l’Arabie Saoudite en 2016. Les accords en
question concernent les industries de transformation du phosphate, de production
d’engrais naturels, de papier, la pharmaceutique ainsi que le tourisme et la maintenance.

Les pays de l’OCDE hors Union Européenne (UE)

Les pays de l’OCDE (hors UE) viennent en deuxième position avec une part de
13,47% des importations de l’Algérie en provenance de ces pays et de 21,64% des
exportations de l’Algérie vers ces pays. Par rapport à l’année 2015, il y’ a lieu de
signaler une augmentation appréciable des exportations réalisées avec les pays de
l’OCDE (hors UE), passant de USD 5,29 Mrd en 2015 à USD 6,25 Mrd en 2016, soit
près de 18,21% en valeur relative. Tandis que les importations de l’Algérie en
provenance de ces pays ont enregistrés une diminution évaluée de 14,5%. A noter
aussi que l’essentiel des changes commerciaux de l’Algérie avec cette région est
réalisée avec les USA, suivi par la Turquie avec les taux respectifs de 5,01% et 4,14%
pour les importations en provenance de ces pays, et de 11,17% et 4,14% pour les
exportations vers ces mêmes pays.

Les autres régions

Les échanges commerciaux entre l’Algérie et les autres régions restent toujours marqués par des faibles proportions. Le volume global des échanges avec les autres pays d’Europe (hors UE et OCDE) affiche une régression de leur part du marché de près de 21,6% par rapport à l’année 2015 en passant d’USD 1,26 Mrd à USD 989 Mio en 2016. Les pays de l’Asie affichent une légère diminution de près de 2,17% passant de USD 14,26 Mrd à USD 13,95 Mrd pour les mêmes périodes considérées.

Le volume des échanges avec les pays du Maghreb (UMA) a enregistré une baisse
de près de 7,4% par rapport à l’année 2015 passant de USD 2,23 Mrd à USD 2,06
Mrd en 2016. Les pays arabes (hors UMA) ont enregistrés une légère baisse par
rapport à l’année 2015 puisque le volume global des échanges commerciaux avec
ces pays est passé USD de 2,49 Mrd à 2,31 USD Mrd, soit une diminution de 6,87%.
Enfin, les pays du continent américain ont enregistré une légère hausse de 0,67%
par rapport à l’année 2015, passant d’USD 4,5 Mrd en 2015 à USD 4,53 Mrd en
2016.

L’Algérie souhaite développer les échanges avec le continent africain auquel elle
appartient. Alors que les relations politiques étaient intenses dans le contexte des
indépendances, ces liens ne se sont pas matérialisés en échanges économiques et
la décennie noire (1990-2000) a fait perdre à l’Algérie un temps précieux dans ce
domaine aussi. L’Afrique est pour l’instant le continent avec lequel l’Algérie a le
moins d’échanges commerciaux. En 2015, plus d’une vingtaine de visite officielle de
dirigeants africains ont eu lieu à Alger.

En décembre 2016 s’est déroulé pour la première fois en Algérie le forum africain pour les affaires et les investissements, dans le nouveau et gigantesque Centre International de Conférence (CIC) durant lequel une centaine de conventions économiques internationales dans les secteurs de l’énergie, du financement des infrastructures et de l’agrobusiness ont été signées. Sur les neuf premiers mois de 2016, l’Algérie a exporté pour USD 42 Mrd, soit 0,25% de l’ensemble de ses exportations.

 

Source de documentation : le rapport annuel de l’ambassade de Suisse à Alger sur la situation économique de l’Algérie