La Compagnie Algérienne d’Assurance et de Réassurance (CAAR) est classée parmi les trois plus grandes compagnies d’assurances en Algérie. En 2016, elle détenait 11,6 % de parts de marché. Mais la CAAR se retrouve ces dernières années dans une situation très inquiétante. Son chiffre d’affaires est en baisse d’environ 10 %. Et les conflits internes déchirent cette compagnie dont le développement est dangereusement compromis en raison d’une gouvernance chaotique et problématique qui se nourrit par une véritable guerre des clans.  

Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs qui retracent les tenants et aboutissants d’un énorme conflit opposant le comité de participation de l’entreprise à la direction générale de la CAAR. Un conflit qui prend une dimension alarmante et paralyse en quelque sorte la bonne gestion de cette compagnie d’assurance étatique, pionnière dans son secteur en Algérie.

A titre d’exemple, ce document obtenu par nos soins relate les entraves que dénonce le comité de participation. La gestion des œuvres sociales des travailleurs de la CAAR alimente la controverse et l’organe représentant légal des travailleurs dénonce vigoureusement des manœuvres de sabotage décidées par la direction générale de la CAAR. Des lois bafouées, des réglementations qui ne sont pas respectées, l’hostilité entre les deux organes censées travailler en harmonie pour le bien de la CAAR est tout simplement étonnante.

De son côté, la direction générale de la CAAR dénonce l’agressivité et l’hostilité caractérisée des membres du comité de participation de la CAAR. Et le climat malsain instauré par les menaces et agissements du comité de participation menacent le développement de la CAAR, déplore encore la direction générale dans sa réponse aux critiques sévères formulées par son “adversaire”.

Un “adversaire” qui ne lâche pas prise et revient à la charge dans plusieurs dossiers pour dénoncer à son tour la mauvaise gestion et des pratiques opaques. Le 4 juin dernier, le président de comité de participation interpelle la direction générale de la CAAR pour  exprimer son indignation face aux tentatives visant à le “dégager” de son poste de responsabilité. Ce cadre de la CAAR en appelle à la justice pour trancher dans ce conflit.

Auparavant en décembre 2017, ce même comité de participation de la CAAR est monté au créneau pour réclamer l’assainissement des  comptes des œuvres sociales par le commissaire au compte. La gestion de ce fonds censé servir pour financer des prestations destinées au bien-être des travailleurs suscite encore et toujours un bras-de-fer opposant les deux organes de gestion de la CAAR. Celle-ci est dangereusement fragilisée par cette “guerre de clans” et “lutte fratricide” qui met en péril toutes les perspectives de croissance. Le gouvernement, à travers le ministère des finances, devra réagir et diligenter une commission d’enquête pour ramener de l’ordre au sein de la CAAR.