Pour renflouer les caisses du Trésor Public, la Loi de finances complémentaire (LFC) 2018 préfère taxer à nouveau les citoyens algériens lorsqu’ils achètent des voitures neuves assemblées dans leur pays. Ceci dit, cette même LFC 2018 ne touche aucunement aux énormes budgets de plusieurs institutions et ministères de l’Etat qui auraient pu, eux-aussi, donner l’exemple et faire des économies pour les reverser, ensuite, dans les caisses du Trésor Public. 

En effet, Algérie Part a obtenu la copie du texte de la LFC 2018 adopté lors de la dernière session du Conseil des ministres présidé par le Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika. Dans ce texte, nous retrouvons tous les budgets validés pour l’année 2018 concernant les principales institutions de l’Etat. Force est, ainsi, de constater qu’en pleine crise financière, le autorités algériennes ne font pas preuve de rigueur et ne réduisent pas leurs budgets alors que le citoyen, lui, est toujours taxé et contraint de payer toujours et encore de nouvelles augmentations.

Ainsi, comme l’indique ce document de la LFC 2018 en notre possession, en pleine crise financière la Présidence de la République, le Palais d’El-Mouradia, s’offre un budget pour l’année 2018 qui avoisine l’équivalent de 80 millions d’euros ! Une somme colossale qui n’est  nullement justifiée au regard de la maladie du Président lequel a réduit, malheureusement, significativement les activités de la Présidence de la République : plus aucune visite d’Etat à l’étranger, très peu d’entrevues avec des dignitaires étrangers, etc.

De l’argent, plusieurs autres ministères et institutions en consomment au point de susciter les interrogations les plus intrigantes. Ainsi, crise ou pas, le ministère des Moudjahidine conserve toujours son immense budget qui flirte avec les deux milliards d’euros. Ce ministère gère les pensions des Moujahidine et c’est ce qui explique l’énormité de son budget. Mais aucun audit n’a été réalisé pour contrôler la répartition de ces pensions et leur calcul. Aucune étude sérieuse n’est disponible pour nous démontrer que ces deux milliards d’euros sont nécessaires au fonctionnement de ce ministère.

Le même manque criant de transparence concerne le ministère de la Défense Nationale qui dispose depuis de très longues années du budget le plus conséquent en Algérie. Et cette année encore, ce budget va dépasser les 10 milliards de dollars ! Un seuil que l’armée algérienne dépasse à maintes reprises ces dernières années. Mais où va tout cet argent ? Acquisition des armes, financements du fonctionnement des troupes, constructions de nouvelles infrastructures ? Aucun bilan n’est rendu public, aucune mission de contrôle n’est menée par une instance indépendante. Pourquoi chaque année, faut-il donner plus de 10 milliards de dollars à notre armée ? Est-ce réellement le prix nécessaire à notre sécurité nationale ? Ces questions légitimes restent sans réponse.

Et pourtant, on aurait pu récupérer énormément d’argent si un audit approfondi a été lancé dans l’optique de réduire le gaspillage des deniers publics. Malheureusement, en Algérie, il n’y a que le citoyen qui est appelé à faire des efforts et des sacrifices pour le bien du pays. Les institutions, elles, ne sont jamais soumises à ce devoir. Est-ce juste ?