Annoncé en grandes pompes, le projet de la construction de l’usine Peugeot à Oran est plus que jamais compromis. Le constructeur français, qui s’est associé avec des partenaires Algériens comme la famille Benhamadi du groupe Condor pour monter plusieurs modèles de la marque au lion se retrouve, aujourd’hui, dos au mur. Toutes les portes sont fermées.

Comme l’usine Renault de Oued-Tlélat, à Oran, l’usine de Peugeot a été défendue par les plus hautes autorités françaises. La construction d’une usine de montage des modèles 301, C-Elysée, 308 et d’autres encore, devait revêtir un caractère politique. Le projet a commencé à voir le bout du tunnel avec la visite du président français, Emmanuel Macron, qui s’est rendu en Algérie en décembre dernier.

Des études de faisabilité ont été faites en attendant que la décision du CPE, le Conseil des participations de l’Etat que préside le Premier ministre, ne tombe. Après des mois d’attente, Ahmed Ouyahia a apposé, en avril dernier, sa signature au bas de l’autorisation qui est délivrée au constructeur français.

Dans son projet, Peugeot a, pourtant, voulu faire les choses en grands. En plus de l’usine de montage, le constructeur a décidé de ramener quelques sous-traitants pour la fabrication de pièces de rechange. L’assiette de terrain a été choisie. Il s’agit d’un terrain agricole, à faible rentabilité, qui a été déclassifié. Au grand bonheur des habitants de la région qui souffrent de chômage.

Mais soudainement, les choses s’arrêtent. Les Algériens découvrent, par le billet d’un reportage d’une chaîne de télévision, qu’un terrain agricole devait être « détourné » sur «une instruction venue d’en haut ». On a crié au scandale. Des personnalités publiques ont pourfendu, des journées durant, ces gens qui « détournent des terres agricoles » qualifiés de criminels. La justice annonce qu’elle a ouvert une enquête.

Depuis, les responsables de Peugeot n’ont rien reçu. Ni une notification de la justice, ni une précision de l’administration. Pis, des sources à l’intérieur de l’entreprise française ne comprennent toujours pas pourquoi aucun responsable ne veuille répondre à leurs doléances. Ni au ministère de l’Industrie, ni au premier ministère. Toutes les portes semblent être fermées. Le blocage est total. Qui est derrière cette situation ? Personne n’a de réponse !