En attente d’une réponse franche de l’Union Européenne à propos de la vidéo postée par la journaliste Lila Haddad-Lefèvre, le gouvernement algérien ne lâche rien. Il a une nouvelle fois chargé l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles pour demander des explications au Parlement européenne. Et si Belani n’a pas obtenu d’excuses, il sembla avoir réussi à avoir des « informations » de la part du chef du cabinet du président du parlement européen, Diego Canga Fano.

Selon le responsable du parlement européen, « (…), la Direction générale de la communication du Parlement européen a adressé une lettre d’avertissement à Mme Haddad-Lefèvre, l’informant qu’à titre conservatoire, son accès aux studios d’enregistrement du Parlement européen a été suspendu le 6 juin 2018 jusqu’à ce qu’elle rende compte de ses agissements irresponsables devant une commission appelée à statuer sur son accréditation. L’Ambassadeur d’Algérie a pris acte de ces explications ainsi que des mesures adoptées en vue de mettre un terme à cette manœuvre malveillante », indique un communiqué de l’ambassade d’Algérie à Bruxelles.

Mais au lieu des excuses, « M. Fano a exprimé à l’Ambassadeur d’Algérie ses regrets suite à cet incident et l’a informé qu’une enquête interne a été menée par ses services pour connaitre les circonstances dans lesquelles cette vidéo a été tournée. Selon lui, des éléments de l’enquête font ressortir que Mme Haddad-Lefèvre a délibérément enfreint les règles internes de l’institution et a abusé de la confiance des opérateurs du plateau de télévision du Parlement européen en dissimulant ses intentions malveillantes », indique le document de l’ambassade d’Algérie à Bruxelles.

C’est le premier responsable européen à s’exprimer ainsi après l’ambassadeur européen à Alger. Ce dernier a expliqué, après avoir été reçu au ministère des Affaires Etrangères, que ce qu’a fait Mme Haddad relève de la « liberté d’expression ».