Par la présente, le partenaire social et le collectif des travailleurs ainsi les cadres de l’ENAMARBRE interpellent son excellence Monsieur le Président quant à l’urgence et les conséquences de la situation particulière de notre entreprise, laissée longtemps seule face aux défis en renforçant son statu quo sans accompagnement d’une réelle gouvernance  conditionnée par des obligations de résultats pour mieux pérenniser une entreprise connue pour son leadership régional dans la pierre dimensionnelle, dés lors qu’elle suscite beaucoup d’inquiétudes et de débats pour la valorisation de tout le potentiel gisement de marbre en Algérie.

 

Des solutions envisagées à un faux diagnostic, par les responsables du Département  Ministériel  Mines (renvoyés à ses contradictions et leur ignorance de la filière) avec certainement de bonnes intentions mais trop souvent décalés et loin de la réalité du terrain, en générant sous le sceau d’une supposée dynamique des « mesurettes sans profondeur assimilées à un bradage des unités opérationnelles de l’entreprise » maquillées en opération d’une pseudo formule P.PP (fusion ?) avec cession de la quasi-totalité des actifs à des entreprises publiques tierces relevant du même portefeuille du secteur mines sans une réelle expertise en la matière par absence de phénomènes d’économie d’échelle et de synergie.

 

Une décision administrative qui n’est pas fondée sur des critères de rentabilité, elle  ne reflète aucunement aux besoins ressentis de cette phase avec les nouveaux enjeux (consolider la diversification de l’économie nationale hors hydrocarbure, facture des importations, développement des exportations….) ce qui confirme la panne d’idées.

 

A notre sens, le développement et la valorisation du potentiel  minier national , non seulement il doit passer par une densification du tissu industriel mais par une organisation en filières favorisant une plus grande intégration dans la chaine des valeurs pour une meilleure remontée des filières industrielles avec la mobilisation de toutes les potentialités avec comme objectif d’assurer  la pérennisation et le développement de l’entreprise , tel objectif est en incohérence avec l’axe stratégique du secteur minier.

 

En plus clair, Votre excellence Mr. Le président, une opération de « bradage avec cession des actifs» bricolée/mise dans l’improvisation avait permis la création d’une formule spéciale de  P.PP (quel nom ronflant !) qui a acté la disparition d’ENAMARBRE en procédant, en réalité, au démantèlement par absorption  de pans entiers de toute une filière Marbre au profit d’entreprises publiques aux enjeux définis par ailleurs laissés à l’avenir qui les dévoileraient ; Ce paravent de la formule spéciale du P.PP (?) avec cession des actifs aux contours imprécis ,en masquant les vrais objectifs, sous le mécanisme de soulager l’endettement de l’entreprise cédante qui aurait dû être simplement rééchelonné et qui suffirait largement pour juguler la crise d’ENAMARBRE avec la panoplie des formules de la renégociation financière.

La multiplication d’initiatives et des propositions alternatives devraient stimuler un débat élargi pour le devenir de cette branche marbre sur la question de reforme en particulier et le secteur mines en général qui en ont vraiment besoin, tel est l’enjeu pour le présent et l’avenir de la richesse du sous sol. Un débat pluriel en sortant du cadre restreint enfermé dangereusement  dans l’espace purement administratif et même « virtuel » dépassé par les nouvelles réalités des enjeux et défis à relever.

 

Votre excellence Mr le président, c’est pourquoi il est important pour nous, partenaire social, travailleurs et cadres  d’ENAMARBRE, de se démarquer de cette vision et avec le devoir de vous alerter sur cette situation de « bradage » qui risque d’être certainement très dommageable pour la branche marbre en particulier et le secteur mines en général déjà fragilisé, tout en vous exposant sans détours la réalité ; Vous faire également mieux comprendre les spécificités de cette entreprise, car nous croyons plus à un avenir prometteur pour s’inscrire dans la modernité avec un nouvel mode de management pour relever le défi et sommes convaincus de notre principale force demandant qu’à exprimer nos potentiels, dénominateur commun avec la conviction de l’ensemble du personnel, au profit de notre entreprise, sans arriver à convaincre une tutelle animée par une inertie ambiante ponctuée d’un auto-satisfecit creusant davantage le fossé en s’estimant mettre en œuvre des mécanismes ( ?) pour justifier l’échec de leur gestion tâtonnante.

 

Votre excellence , le management de  notre l’entreprise à été en perpétuelle instabilité , ces six dernières années avec six premiers dirigeants désignés sans exigences de la phase délicate des conditions difficiles de l’époque que l’entreprise a connu ; outre le fait que ces derniers ont montré leur limites de gestion en semant le chaos et en laissant une entreprise exsangue, ils étaient vite relevés de leur fonction sans que la tutelle réagisse à leur échec par une évaluation objective mais elle avait continué dans la même pratique des nominations même avec leur passif lamentable. C’est en grande partie ce qui explique la faiblesse des performances productives d’ENAMARBRE avec son manque de compétitivité, soit une conséquence directe du mal qui sévit dans l’entreprise qui n’arrive pas à décoller.

 

Toute cette alerte, votre excellence , sur le caractère impératif de telles désignations, loin de correspondre aux impératifs de transparence,  ont aggravé le climat socio-économique de l’entreprise que les différents responsables ayant passés par MANAL  en minimisent l’importance des dégâts occasionnés avec une telle instabilité porteuse de lots contradictoires de chacun des premiers responsables désignés, avec leur mythe de la responsabilité, qui ont fini par désorienter le bon fonctionnement, sans s’endosser la responsabilité de l’accumulation des dysfonctionnements générés.

 

Il est impossible de les ignorer, bien que  le département  du ministère des mines en fait une lecture erronée ayant empêché, fort regrettablement, que les véritables enseignements soient tirés de toute cette cascade ayant permis le blocage des voies menant à la solution, blocage avec une tendance en laissant « le désordre s’installer » avec une gouvernance et management  aux tendances narcissiques « à vue d’œil » aux déperditions subies à l’entreprise. Cela a fait perdre à l’entreprise une opportunité  précieuse de s’ajuster et de consolider sa marche vers le progrès et le développement pour asseoir et consolider une politique économique d’ensemble d’une industrie marbrière en Algérie.

 

Cette interprétation insuffisamment étudier est plus profonde qui s’étend même à la nature et l’interaction des  trois segments d’ENAMARBRE  regroupées dans un seul domaine d’activité global et le poids des difficultés économiques devenues structurelles  que la gouvernance de ses managers ont été incapables de se préparer à relever les défis de l’avenir de cette branche « marbre » vers les rivages de la stabilité et l’émergence d’une industrie du marbre en Algérie à réorganiser en centres d’activités stratégiques et les internationaliser.

 

Votre excellence , l’utilité de ce bref rappel souligne et confirme cet état de fait  qui a été conduit par la tutelle sans malheusement informer ni la fédération des Mines ni sa tutelle  et ayant abouti à la désarticulation des principales composantes de toute l’entreprise ENAMARBRE synonyme de malaise social dans le secteur Mines avec déstructuration caractérisée par un volume insignifiant de remboursement de l’endettement,( insignifiant par rapport à d’autres EPE)  non rééchelonné, pesant jusqu’à plus de 300 MDA .

 

Sur ce dossier la succession des responsables de MANAL ont fait la sourde oreille sur la gestion « passive » de l’endettement et l’incompétence de ceux désignés par elle-même (les principaux managers et organes sociaux) ; Aucune séance de travail programmée sur la question des échéanciers de remboursement ni sur leur cumul, telle est cette « tactique » pour handicaper cette entreprise laissée pour compte en la déclarant en « faillite » et à ne plus se relever pour la liquider ouvertement.

 

Dans cet ordre d’idées et dans ce contexte économique, les conditions initiales favorables pour le redressement de l’entreprise ont été sciemment ignorées et perdues pour qu’elles ne soient plus réunies  actuellement et ENAMARBRE se retrouve à ne plus supporter le fardeau pour activer et  occuper le rang qui doit être le sien dans la vie économique pionnière dans l’industrie marbrière en affirmant que cela est dû essentiellement de ce qu’on appelle « la défaillance managériale »  .

 

Telle est la première problématique votre excellence qui aurait dû être incluse à un plan de charge et devant s’inscrire, à cette période, dans une politique cohérente et une logique industrielle pour sauvegarder la filière marbre en Algérie en évoluant pour elle-même pour mieux l’internationaliser  à l’instar même des pays voisins, et non en  diluant en cession  les actifs de l’entreprise au profit   d’autres EPE (est-elle la bonne solution ?) – avec aucune vision économique et objectifs  traçables  n’ont été rendus publiques – soit un processus de PPP (???) cessions (??) absorption (??) pour étouffer et faire disparaitre  la branche Marbre dans son ensemble; elle aurait eu le mérite d’énoncer toute une reforme pour mieux promouvoir les produits de marbre notamment les couleurs au lieu et place d’une concentration sur le marbre blanc objet de toutes les convoitises.

 

Au lieu et place également d’attendre encore et de voir ENAMARBRE avec les esquisses des reformes structurelles devant asseoir une économie marbrière industrielle  productive en Algérie , c’est la désillusion avec le démantèlement, fragmentation, des unités de l’entreprise en les cédant à d’autres entreprises publiques tierces (selon un PPP hors norme)  loin de cerner le métier, une incohérence fatale loin de favoriser tout argument explicatif au vu d’une réelle absence criante de stratégie de développement de cette branche marbre, et ne favorise aucune appréciation sous tous les angles, techniques, économiques et faisabilité…, et ni d’un apport d’une nouvelle forme de gestion.

 

L’événement est ressenti « mal et très mal » par les travailleurs avec ce modèle qui va laisser davantage de séquelles et de nombreux cadres auraient à s’indigner, où l’improvisation l’emporte sur l’anticipation, et qu’est-ce qui explique cette « course » particulière, que d’aucuns qualifient d’exemple d’une option basique de bureaucratie. Que cache-t-on?

 

Dans cet ordre d’idées, si portefeuille financier appréciable détenu par des entreprises tierces – bien qu’elles ne possèdent pas de véritables compétences dans la branche marbre –  il aurait dû être envisagé d’autres formules à leur profit, pour préserver la branche marbre, avec des prises d’action, ouverture du capital conformément à la législation en vigueur, après reconfiguration de l’entreprise ENAMARBRE pour mieux reprendre son fonctionnement et son développement et se projeter à s’émanciper sereinement à l’international avec une assistance technique avérée, en offrant des meilleurs atouts pour des investisseurs pour  un réel partenariat, tel est le besoin sollicité.

 

Votre excellence , le bon sens indique que d’autres sites non exploités, vierges, peuvent être mis en valeur pour bâtir une économie d’un secteur mines qui fonctionne et génère de la richesse, et non pas la solution facile d’exterminer toute ENAMARBRE avec son histoire, toute une branche sous le couvert d’un PPP hors norme au contexte d’incertitude d’une transition à risques aux ingrédients d’accélérer l’effritement de la cohésion de la famille des mineurs en l’affaiblissant de son sentiment d’appartenance en plus de la disparition de cette branche marbrière en Algérie en véhiculant une image d’un secteur mines décalé de la réalité économique.

 

Outre le caractère anachronique, une telle option de « bradage » unilatéral et insuffisamment étudié en évoluant en terrain inconnu est l’illustration parfaite de l’ « archaïsme » dans la conduite des affaires économiques de tout un secteur mines.

 

Pour rappel, l’EPE ENAMARBRE Spa depuis sa création en date du 16/07/1983, s’est vue déjà imputée unilatéralement avec débit d’office (le 30/08/1989) un montant d’un découvert important revenant à l’époque à SONAREM alors que la trésorerie était positive en plus de l’intégration de plusieurs unités appartenant à tierce entreprises, mais tout en enregistrant  des actes de sabotage multiples contre ses installations et équipements durant les années de 1993/1997 (décennie noire), soit toute histoire qu’il est impossible de l’effacer sous une simple formule purement administrative de (BRADAGE) après voilà déjà 34 Ans, sans considération et rendre  également hommage à tout ce qui ont pu maintenir l’activité de l’entreprise, et, ce qui nous rappelle la bravoure des mineurs juste après la nationalisation des mines qui nous inspire à conserver ce flambeau. Hélas le secteur mine patauge encore.

 

Votre excellence, une autre lecture est plus que souhaitable à la solution préconisée par le Département Ministériel des Mines, et nous ne pensons pas que leur ambition est de continuer à exterminer tout un secteur ; la tutelle devait être  invitée à réviser son agenda pour mieux appréhender le secteur mines dans son ensemble avec un débat ouvert transparent et élargi à toutes les compétences sans aucun préjugé.

 

Dans l’espoir d’être entendu et compris, Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’hommage  de nos profonds respects.

Par le président du Comité de Participation Entreprise : Y. KARROUT et le président du Syndicat Entreprise : A. ZERIDA