Les dirigeants algériens n’aiment pas fréquenter leur peuple. Et même pendant le mois sacré du Ramadhan, ils établissent des frontières imperméables avec leurs concitoyens avec lesquels ils sont, pourtant, censés communier. Et la démonstration parfaite de ce mépris viscéral envers les algériens ordinaires nous provient, sans doute, de la ville d’Annaba où le Wali a défrayé la chronique avec le “carré VIP” qu’il s’est offert au beau milieu d’une mosquée ! 

L’image a fait le tour de l’Algérie. Sur les réseaux sociaux, elle suscite l’indignation. Les commentaires les plus virulents pleuvent sur ce haut commis de l’Etat qui a établi une zone tampon entre lui et les autres fidèles de la nouvelle mosquée du martyr Zighoud Youcef, située au niveau de la cité Nasr à Annaba. Un “carré VIP” contrôlé par des agents qui interdisent l’accès à cet espace privilégié aménagé dans un lieu sacré où les fidèles sont censés être tous égaux.

Décidément, Mohamed Salamani, le wali d’Annaba n’a pas la même interprétation ni la même vision de la religion que nous autres musulmans.  Les séparations installées entre les rangs des fidèles et ceux du wali et son entourage indiquent clairement l’attachement de nos dirigeants à une inégalité foncièrement enracinée dans leurs esprits. Les dirigeants algériens ne sont pas des musulmans comme les autres. Ce sont des super-musulmans qui nécessitent un traitement de faveur y compris  dans nos mosquées. Tel est le message adressé par le wali d’Annaba aux autres simples et ordinaires algériens.

Il est, peut-être, utile de rappeler à monsieur le  Wali que ni le prophète, ni aucun de ses apôtres après lui n’ont installé de séparation entre eux et les fidèles, pour la simple raison que tous les hommes et les femmes sont égaux aux yeux de Dieu sous le toit d’une mosquée, qu’elle soit faite de paille ou de marbre massif.