La déclaration de Ferhat Mehenni appelant à la création d’une milice armée en Kabylie a fait réagir des hommes et femmes politiques de tous horizons. A commencer par des militants de la cause amazighe et même de certains autonomistes qui ont tous dénoncé cet appel à la violence.

« Nous sommes face à une machine diabolique. Elle ne cessera pas avant d’atteindre son but. Tout peut basculer d’un moment à l’autre », écrit le grand militant Djamel Zenati qui craint que la répression du pouvoir ne donne de la légitimité à cet « appel irresponsable invitant les jeunes kabyles à se constituer en milices armées ». « (…) les citoyens soucieux de l’avenir de la région et du pays doivent se rencontrer, échanger et , pourquoi pas, offrir de sérieuses perspectives pour faire barrage aux dérives d’où qu’elles viennent », note également le détenu d’avril 1980.

De son coté, le Rassemblement pour la Kabylie (RPK), fondé par d’anciens fondateurs du MAK, du temps où il réclamait uniquement l’autonomie, a appelé  «tous les militants, toutes tendances confondues, à faire preuve de vigilance». «Il y a dans l’histoire des fautes politiques qui peuvent avoir pour conséquence la perte inutile de vies humaines. La Kabylie a trop versé de sang pour s’engager dans de nouveaux drames. Notre responsabilité à tous est de participer à les éviter et de travailler à la construction d’un projet fédérateur qui donne l’espoir à notre jeunesse», note un communiqué de cette organisation qui prône l’autonomie de la Kabylie mais dans le cadre d’une Algérie fédérale.

L’appel de Ferhat Mehenni à la constitution de « force de contraintes » et de « ‘sécurité » pour se substituer à l’autorité de l’Etat « est de nature à ouvrir une brèche à la violence et déboucher à terme sur une guerre civile en Kabylie», indique le RPK.

Appeler les jeunes de Kabylie à mettre en place (des corps de contraintes et de force de sécurité) « c’est appeler à la violence et à la terreur. Cela s’appelle du terrorisme qui n’a rien à envier aux appels des chefs du FIS », note, de son côté le journaliste Hacen Ouali. Le même constat est partagé par la journaliste Hedda Hazem qui fait le parallèle entre Ferhat Mehenni et Ali Benhadj.