C’est un véritable drame qui vient de secouer la Société Nationale des Tabacs et Allumettes (SNTA). La cession dans des conditions suspectes et troublantes de plusieurs activités de cette importante entreprise publique à des investisseurs émiratis a suscité un climat malsain qui vient de provoquer la mort tragique d’un des travailleurs angoissés et traumatisés par la perte de leur poste de travail, leur unique gagne-pain.

En effet, Algérie Part a obtenu des documents exclusifs émanant de la section syndicale, affiliée à l’UGTA, de la SNTA qui relatent ce sinistre décès. Selon nos documents, l’homme est mort des suites d’une crise cardiaque survenue au moment où des informations concordantes circulaient au sein de la SNTA à propos du transfert d’un grand nombre des travailleurs de cette entreprise publique vers une nouvelle entité créée avec des partenaires émiratis.

Cette opération de “transfert du capital humain de la SNTA” est vivement contestée et décriée par les travailleurs et syndicalistes de l’UGTA. Ces derniers refusent de changer de poste de travail sans disposer de la moindre information concernant leur avenir et le futur des outils de production de leur entreprise.

Soupçonnant une opération de bradage et une privatisation qualifiée d’immorale de leur entreprise, les travailleurs de la SNTA envisagent de recourir à la protestation et la grève pour protéger leurs emplois menacés par ce processus de transformation très obscur. Bouleversés par le décès de leur collègue, de nombreux travailleurs de la SNTA sont déterminés à entamer une lutte acharnée pour mettre en échec cette “privatisation déguisée”.

Par ailleurs, Algérie Part a obtenu d’autres documents exclusifs qui relatent des opérations de licenciements de travailleurs. Comme le montre ce document en notre possession, un mécanicien chargé de l’entretien des machines de la SNTA a été licencié en raison du changement du statut juridique de l’unité employeur dont dépend cet employé. Ce mécanicien doit être repris par la société UTC créée récemment avec les investisseurs émiratis pour reprendre une grande partie des activités de la SNTA. Un tour de passe à passe inquiétant qui démontre le manque de transparence caractérisant cette opération de restructuration d’une entreprise publique, pourtant, rentable et riche.

Cette opération compromet dangereusement les engagements pris par la direction générale de la SNTA comme la régularisation et permanisation des employés contractuels. Ce document résume toute la précarité sociale qui martyrise ces employés de la SNTA. Des travailleurs qui risquent de ne trouver aucune place au sein de l’UTC, cette nouvelle société dont personne ne comprend pourquoi elle doit remplacer la SNTA dans un segment d’activité que l’entreprise publique algérienne maîtrise depuis des années.