C’est une histoire rocambolesque qui s’est déroulée au Centre National du Registre du Commerce (CNRC). Une histoire qui traduit l’étendue de l’amateurisme avec lequel est géré l’argent public dans l’une des institutions les plus stratégiques de l’Algérie. 

En effet, en janvier 2018, le juriste Boulkaboul Mohamed, employé à l’antenne du CNRC située à la rue Larbi Ben M’hidi (Alger-centre), a reçu dans son compte C.C.P (Algérie Poste) son salaire mensuel comme tous les salariés algériens. Or, ce simple et ordinaire juriste découvre à sa plus grande surprise qu’il est devenu le salarié le mieux payé de toute l’histoire de l’Algérie ! Et pour cause, il a reçu un salaire de plus de 660 millions de centimes ! L’homme est donc beaucoup mieux payé que le Président de la République ou l’entraîneur de l’équipe nationale de football, Rabah Madjer. 

Algérie Part a obtenu ce bulletin de paie unique dans l’histoire de l’Algérie. En réalité, il s’agit d’une très grossière erreur de gestion qui a coûté cher au CNRC. Au lieu de lui verser son salaire d’environ 60 mille Da, la direction du CNRC a procédé à un virement de plus de 660 millions de centimes. Cette erreur de virement a provoqué par la suite un incroyable imbroglio au sein du CRNC, a-t-on appris au cours de nos investigations.

Et pour cause, sur les 660 millions de centimes, plus de 210 millions de centimes ont été prélevés à la source dans le cadre de l’impôt sur le revenu global (IRG). Cet argent est directement parti dans les caisses des autres organismes de l’Etat comme la CNAS au titre des charges des cotisations sociales que doit payer chaque salarié algérien. Ainsi, au final, l’employé du CNRC a encaissé en ce mois de janvier 2018 un salaire net de plus de 390 millions de centimes.

 

Avec tout cet argent, le pauvre salarié a voulu réaliser un rêve : acquérir un véhicule neuf. L’homme, selon nos investigations, est parti satisfaire cette lubie. Malheureusement, le retour à la réalité pour ce juriste est brutal puisqu’il a été contraint de revendre ce véhicule neuf pour rembourser définitivement le CNRC qui a récupéré uniquement une partie de ses sous. Et pour cause, la somme versée au titre de l’IRG n’a jamais été remboursée et cet argent ne reviendra jamais dans les caisses du CNRC. Comme quoi, les erreurs de virement peuvent susciter des rêves qui se transforment rapidement en cauchemars en Algérie…