Ce n’est pas un secret. La corruption est une malade qui gangrène depuis de longues années le corps des douanes algériennes, l’une des institutions sécuritaires les plus stratégiques du pays. Mais ces dernières semaines, depuis l’arrivée d’un nouveau directeur général à la tête des douanes algériennes, une lutte acharnée a été déclenchée contre ces douaniers corrompus qui travaillent de pair avec les importateurs les plus véreux du pays. 

Preuve en est, deux hauts responsables des douanes algériennes ont été suspendus au Port d’Alger suite à leur complicité établie avec un trafiquant fraudeur arrêté le 22 avril dernier lors d’un point de contrôle au niveau de Beni Merad dans la wilaya de Blida. Algérie Part a obtenu les documents exclusifs qui relatent les dessous de ce scandale. Tout a commencé effectivement le 22-04-2018 lorsqu’un barrage mixte tenu, au niveau de l’autoroute est-ouest à hauteur de Beni Merad, par le forces de la gendarmerie nationale et les douaniers a repéré deux véhicules suspects à 22 H 30.

Comme le montre ce P.V dressé par les services de la direction régionale des douanes algériennes à Blida, le suspect s’est avéré être un contrebandier prénommé Meki Ismaël, un résident algérien à Metz en France. A bord de sa voiture, une Renault Kango, il transportait une très grande quantité de produits alimentaires interdits à l’importation en Algérie.

Des centaines de barres chocolatées de plusieurs marques internationales ont été saisies à cet instant-là par les gendarmes et les douaniers. Il s’agit des sachets de produits de confiserie des célèbres marques Snickers et Lion. Le contrebandier avait également introduit illégalement en Algérie une quantité considérable des tablettes de chocolat de la marque Lindt. Ces chocolats figurent officiellement sur la liste des produits interdits à l’importation en Algérie, une liste dressée par le ministère du Commerce.

La valeur marchande de cette saisie a été évaluée par les services des douanes à plus de 2 millions de Da. Le contrebandier a été soumis, par ailleurs, à une indemnité dont le montant dépasse les 10 millions de Da. Dans le deuxième véhicule contrôlé le soir du 22 avril dernier, les gendarmes et douaniers ont débusqué un quad et une moto volée. Cette saisie va permettre aux services de sécurité d’identifier un autre contrebandier domicilié à Chlef comme le montre ce document en notre possession.

Mais comment ces contrebandiers ont-ils pu tromper la vigilance des services des douanes du Port d’Alger, mobilisés en nombre pour empêcher les fraudeurs d’introduire de telles grosses quantités de produits illicites ou volés à l’étranger ? En réalité, ces contrebandiers ont été aidés et accompagnés par deux hauts responsables des douanes du plus important port algérien. Et suite à plusieurs investigations, la direction générale des Douanes a décidé de suspendre de leurs fonctions le chef de brigade des douaniers au Port d’Alger, Mehlal Brahim, et un autre agent de brigades, Lazhari Abdelhafid. Ces deux responsables ont été accusés de négligence dans l’exercice de leurs fonctions.

Ils seront, selon nos investigations, traduits devant le conseil de discipline pour entrave à la réglementation en vigueur et complicité avérée avec un réseau de contrebandier. A travers ces sanctions sévères, la direction générale des douanes espèrent aboutir à un assainissement de ce corps de sécurité noyauté pendant de longues années par les réseaux mafieux.