Le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, brise enfin le silence et revient sur son emprisonnement à la prison militaire de Blida suite à une condamnation prononcée le 26/11/2007. A l’époque, pour des faits d’espionnage, des fait qui ont été niés et désavoués plus tard par le tribunal militaire de Blida,  il avait écopé d’une peine de 30 mois de prison ferme. 

“On m’a sorti de prison comme on m’a fait entrer, sans aucun papier, sans aucun dossier”, lâche-t-il lors d’une déclaration explosive faite dans les colonnes du Quotidien d’Oran paru aujourd’hui dimanche. “J’ai passé deux ans de prison à Blida, chez les militaires. J’ai été condamné officiellement à 30 mois de prison ferme, mais avant de les terminer on est venu me dire tu sors. J’ai refusé. J’ai demandé pourquoi vous m’avez mis en prison et pourquoi vous voulez que je sorte aujourd’hui ?”, a raconté encore l’homme qui est revenu, par la grande porte, pour reprendre les commandes de Sonatrach en mars 2017.

S’agissant des accusations d’espionnage dont il avait été victime lors d’un procès monté de toutes pièces comme il a été démontré précédemment par les investigations d’Algérie Part, le PDG de Sonatrach a révélé que lorsqu’il dirigeait BRC, il avait suscité énormément de jalousies et d’animosité en raison du nombre de projets importants accomplis en quelques années en Algérie.

“Qui dit gros projets, dit grosses sommes d’argent. On nous en voulait (…)”, a fait savoir l’actuel PDG de Sonatrach avant de tourner en bourrique les détracteurs qui ne cessent de le renvoyer vers un soi-disant passé sombre : “J’ai été jugé pour espionnage alors que BRC avait construit le siège de l’état-major de l’armée ! N’est-ce pas contradictoire ?”, s’interroge-t-il en dernier lieu.

Rappelons enfin que l’actuel PDG de Sonatrach fut le manager de BRC, une grosse entreprise spécialisée dans l’ingénierie, la construction et l’assemblage et dont le capital était détenu à 40% par Sonatrach,  11% des actions étaient détenues par le Centre de recherche nucléaire de Draria (CNRD), et à 49% par Halliburton, à travers sa filiale britannique KBR. Elle a été créée en 1994 et avait conçu et géré de nombreux projets stratégiques en Algérie.

Entre 2001-2005, 41 marchés ont été signés pour un montant total de 204 931 897 milliers de dinars, soit l’équivalent de 2,6 milliards d’euros. Mais la BRC avait pratiquement le privilège des marchés du ministère de la Défense avec 14 marchés pour un montant total de 131 414 253 milliers de dinars, soit l’équivalent de 1,8 milliard d’euros. 27 marchés avec Sonatrach pour 73 517 644 milliers de dinars, à savoir l’équivalent de 750 millions d’euros.

Le 20 septembre 2007, BRC a été dissoute dans des conditions troublantes laissant derrière elle des secrets inavoués et des centaines d’ingénieurs formés à l’américaine et abandonnés à leur sort à l’algérienne…