S’il y’a un point sur lequel les Algériens, dans leur ensemble, semblent être tous d’accord, c’est le regard qu’ils portent sur la situation actuelle du pays. Le verdict est sans appel : la situation actuelle de l’état du pays n’est pas bonne, préoccupante, potentiellement dangereuse, et ce, sur tous plans : politique, économique et socioculturel.

Sur le plan politique 

La réalité politique algérienne actuelle, est la résultante d’un système politique mis en place aux lendemains de l’indépendance.

Ce régime, de nature « populiste » se caractérise par son autoritarisme, son clanisme, son clientélisme, son aversion à toute critique, à toute opposition et sa méfiance envers les compétences.  Après 56 ans de règne, le système s’est usé, le système a vieilli, parce qu’il n’a pas su ou pas voulu entreprendre le changement concret par les actes. Pour se maintenir en place, le pouvoir a recouru et recourt encore et toujours au « pouvoir du tampon » de l’administration (le pouvoir bureaucratique de l’administration est devenu un réel pouvoir au service du régime), à la répression judiciaire et policière et au « pouvoir de l’argent » comme nouvel acteur politique engendrant une corruption, généralisée, massive.

Les conséquences de l’évolution interne du système font que le personnel politique qui a émergé dans le système officiel est inculte, incompétent, soucieux principalement des avantages matériels et financiers qu’il peut en tirer .Les institutions ont perdu de leur crédibilité, notamment l’assemblée nationale, devenue une simple chambre enregistreuse.

Le résultat de 56 ans de règne du régime fait que la population ne croit plus au discours politique. La confiance entre <<Doula>> et les citoyens a disparu .La défiance vis-à-vis de la chose politique s’est installée durablement. Le désintérêt des Algériens (particulièrement les jeunes), pour les échéances électorales est un fait majeur, comme l’attestent l’abstention massive et le nombre élevé de bulletins blancs à chaque élection.

Aussi la population est de plus en plus abandonnée à elle-même. Elle est la proie de charlatans habiles, d’extrémistes actifs, toujours aux aguets.

Cette situation, la pérennité du régime, n’a que trop duré. Le temps du Changement est arrivé. Mais quel Changement, voilà la question ?

Sur le plan économique 

Le pays vit essentiellement des richesses du sous-sol. Son économie est dépendante des hydrocarbures qui représentent 98% des exportations, 70% des recettes fiscales, près de la moitié du PIB. Le secteur industriel représente 5% du PIB, son taux d’intégration n’est que de 15%. Le nombre d’entreprises actuelles est de 600.000 alors que le pays a besoin de 2 millions d’entreprises PMI-PME. Le système bancaire est peu performant, 60% de la population n’est pas bancarisée. La fiscalité ordinaire, dominée par l’impôt sur le salaire est trop faible (21% du PIB). Des secteurs entiers ont été sacrifiés : le tourisme est presque inexistant (moins de 1% du PIB), l’agriculture trop longtemps délaissée (20% de la population active, 10% du PIB)…

L’EMBELLIE FINANCIERE que le pays a connu de 2002 à 2014, avec un baril de pétrole dépassant les 100 dollars n’a pas été mise à profit pour entamer un réel décollage économique hors hydrocarbures. Cette embellie financière a profité plus aux importateurs (au nombre de 45.000) et leurs réseau au détriment d’une économie productive. Elle a permis le développement d’un secteur commercial informel qui contrôle plus de 50% de la consommation avec un mode de paiement « cash », dont l’étendue et l’importance posent un sérieux problème à l’économie nationale. Cette économie rentière aux hydrocarbures, cette économie informelle, de par leurs natures, sont sources de fraudes, de corruptions massives, généralisées. Ce modèle économique, de par ses caractéristiques, intrinsèques, ne peut être que peu performant, malgré les moyens financiers importants engagés.

Tous les indices, les paramètres d’analyse économique sont au rouge : taux de croissance très insuffisant en 2017 (2.2%), taux de chômage important (11%) et notamment chez les jeunes (25%), climat des affaires non attractif, investissement étranger faible, nombre trop faible de créations d’entreprises, amenuisement des réserves de change, inflation en hausse, effondrement de la valeur du dinar…La plupart des classements internationaux, réputés sérieux, rangent l’Algérie parmi les pays les moins performants

FACE A CETTE SITUATION, tous les experts disent (certains depuis des années), et pas uniquement les experts, qu’il faut sortir de la dépendance pétro gazière. Il faut un nouveau modèle de croissance économique, une nouvelle politique économique.

Une question de bon sens s’impose : Ce changement de politique économique peut-il être mené par les acteurs de la rente ? La réponse est évidemment négative. Comment des acteurs rompus depuis de longues années à une gestion rentière, autoritaire, administrative peuvent mener le Changement ? Il faut de nouveaux acteurs politiques pour tourner le dos impérativement à la dépendance aux hydrocarbures.

Le <<PAC 21>>convaincu de la nécessité d’un véritable ‟Changement Economique” soumet au débat ses Engagements en matière économique.

Le <<PAC 21>>a l’ambition d’être le LIEN des acteurs économiques convaincus et s’engageant dans le « Changement Economique ».

 

Sur le plan socioculturel 

C’est probablement dans le domaine socioculturel, que le système, de par sa nature, sa longévité, sa pérennité, a entrainé le plus de dégâts, notamment :

La corruption, (de plus en plus généralisée, de plus en plus massive), par la pratique du <<Bakchiche>> de la <<Tchipa>> qui abiment la cohésion sociale ; par la pratique frauduleuse des surfacturations, l’évasion fiscale, les transferts illicites, les fortes commissions, qui portent atteinte à l’économie nationale.

L’appât du gain facile, l’enrichissement rapide par tous les moyens possibles, déclassant ainsi le Travail comme valeur fondamentale

La contrebande, le trafic de toutes sortes avec les conséquences économiques et les comportements déviants devenus un véritable problème de santé publique.

Le phénomène de la <<Haraga>> qui touche tous les âges, toutes les classes sociales et qui traduit un malaise général, le sentiment de << mal vie >>,  chez les jeunes particulièrement.

Le phénomène de la << Fuite des cerveaux >>, une véritable hémorragie des compétences qui prend chaque année de plus en plus d’ampleur et qui ne s’arrêtera pas du fait de la médiocrité ambiante et du mépris.

Le développement d’une certaine culture religieuse qui privilégie plus la forme que le fond du message coranique, voir un extrémisme actif violent qui a la prétention et l’ambition de tout régenter et qui s’éloigne de la pratique religieuse saine faite de paix et de sérénité.

Aussi la société a tendance à se recroqueviller sur elle-même, à se fermer. Ce conformisme conservateur a été voulu et promu par les tenants du système et leurs alliés.

Est-ce à dire  que la partie est jouée, close, définitivement ?

Les résistances à cette dégradation économique, sociale et cultuelle existent. Elles sont nombreuses mais éparses, diffuses, dans une jeunesse active, dynamique qui s’investit dans les créneaux novateurs, dans la sphère économique entrepreneuriale, dans la sphère scientifique et culturelle, dans un mouvement associatif autonome en progrès.

Ces résistances, ces énergies doivent se connecter, se rassembler. C’est là, l’espoir du changement.

L’élection présidentielle est une opportunité à saisir. Le projet <<PAC 21>> a pour ambition d’être le LIEN de ces résistances.

Par le Docteur Bachir MERAD-BOUDIA