Le chantier de la future raffinerie de Hassi Messaoud attire en Algérie les plus grosses multinationales spécialisées dans les métiers de l’ingénierie. Une lutte acharnée oppose ces grosses sociétés pour rafler le marché de la construction de cette nouvelle raffinerie algérienne dont le coût avoisinera les… 4 milliards de dollars. 

Avec une capacité de 5 millions de tonnes, cette future nouvelle raffinerie devra renforcer énormément la capacité de raffinage de l’Algérie. Pour l’heure, une quinzaine de compagnies ont soumis des offres depuis le lancement de l’appel d’offres pour la réalisation de cette nouvelle raffinerie. Parmi ces sociétés qui ont déposé leurs candidatures, nous retrouvons de grandes compagnies internationales, a-t-on appris au cours de nos investigations.

Il s’agit, ainsi, de KBR, une firme d’ingénierie américaine offrant son expertise dans le domaine pétrolier et dans les procédés de synthèse industriels. Basée à Houston, KBR est une filiale du géant américain Halliburton, second fournisseur de services à l’industrie pétrolière et gazière dans le monde présent dans plus de 70 pays. L’Algérie rappelle en vérité de mauvais souvenirs à KBR qui fut actionnaire de Brown & Root Condor (BRC), une société mixte entre KBR et Sonatrach créée en 1994 et dissoute en 2007 suite à un scandale qui n’a jamais été élucidé.

Son PD-g à l’époque fut Abdelmoumen Ould Kaddour, l’actuel PDG de Sonatrach. Condamné le 26 novembre 2007 à 30 mois de réclusion par le tribunal militaire de Blida pour divulgation d’informations classées secret défense, une accusation infondée et mensongère comme il a été démontré par les investigations d’Algérie Part qui ont prouvé que cet emprisonnement fut arbitraire et n’obéît à aucun critère judiciaire. Il s’agissait, en vérité, d’un simple et pur règlement de comptes dans le sillage d’une guerre de clans opposant le clan présidentiel à celui des hauts gradés influents du DRS.

Si KBR remporte le marché de la réalisation de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, cela signifiera que la compagnie américaine revient par la grande porte après plusieurs années d’une déstabilisation programmée.

Mais la compagnie américaine devra se mesurer à des concurrents de poids comme les sud-coréens HYUNDAI Engineering & Construction et Samsung Engineering Co., Ltd. Ces deux firmes connaissent bien l’Algérie et disposent d’une grande expérience dans la construction des ouvrages pétroliers notamment Samsung  Engineering qui a déjà travaillé depuis 2009 sur la rénovation des installations de la raffinerie de Skikda construire en 1976 par les italiens de Saipem et SNAM PROGETTI.

Le français Technip participe également à cette course et espère se relancer en Algérie après un long bras de fer avec Sonatrach en raison des travaux du chantier de la rénovation de la raffinerie d’Alger. Mais en juin 2017, Technip et Sontrach ont réglé définitivement ce litige. Technip avait obtenu en 2010 le contrat de rénovation de la raffinerie d’Alger, mais ce contrat avait été résilié en 2015 à la suite d’une bataille de procédures entre Sonatrach et Technip. En novembre 2016, la modernisation de la raffinerie d’Alger a été réattribuée au groupe chinois CPECC.

Notons enfin que l’opération d’ouverture des plis des offres pour la réalisation du projet de raffinerie de Hassi Messaoud (Ouargla) est prévue pour cette semaine. Quant au choix des heureux lauréats, il sera fait d’ici la fin de l’année 2018 ou début 2019.