INALCA Algérie, est une entreprise algérienne spécialisée dans la vente de viandes fraîches et autres produits congelés, surgelés et secs (viandes, poissons, fruits et légumes). Elle a été créée en 2002 par la société italienne INALCA SPA, filiale du groupe Cremonini, qui détient 70 % du capital, le reste du capital appartient à Mr Yaici, ancien haut cadre au sein de l’Office National des Aliments de Bétail (ONAB), et sa famille.

Cette société mixte était sensée devenir la plus grande usine spécialisée dans la production de viande, elle avait pour ambition également de lancer une unité unique en son genre en Algérie dont la spécialité serait le conditionnement des viandes bovines.

Une affaire qui tourne vite au cauchemar pour les associés algériens.

Depuis plus de 2 ans, les associés algériens détenant une part du capital d’INALCA Algérie à hauteur de 30 %, ne cessent d’interpeller les autorités sur les agissements illégaux de la partie italienne.

En effet, la famille Yaici affirme que l’ABC Banque a octroyé des avantages illégaux et des crédits avantageux à l’entreprise sans caution solidaire signée par les associés.

Les associés algériens reprochent également aux italiens de ne pas avoir respecté la condition de partenariat, consistant en le rachat du complexe frigorifique de l’ENAFROID sis à Corso dans la Wilaya de Boumerdes, en échange d’un engagement à réaliser un investissement dans une activité de production dans un délai n’excédant pas 5 années.

Devant le conflit déclaré entre associés, sur le management de l’entreprise, Boubekeur Yaïci a été évincé en 2015 de son poste de gérant statutaire par les associés italiens majoritaires, il a alors déposé plainte contre cette décision arbitraire au niveau du tribunal d’Alger.

Son remplaçant, nommé par INALCA SPA en 2015, est Massimo Gianluca Guarischi.                    

 Massimo Guarischi

 

La famille Yaici ne s’arrête pas là et dénonce des infractions à la loi et au code du commerce sur l’absence d’approbation des comptes par les associés.

Le 11 Mars 2018, la justice à travers le tribunal de Dar El Beida, a ordonnée en première instance la réintégration de la famille Yaici dans le management de l’entreprise.

C’est alors que Guarischi, le nouveau gérant italien, saisit la presse en Algérie et dénonce à son tour ses associés algériens en divulguant des condamnations pour dilapidations de biens de l’entreprise et de faux et usage de faux.

Une ambiance peu propice à la sérénité qui, selon nos informations, a freiné l’activité et le développement de cette entreprise, surtout avec les restrictions sur les importations décidées par le gouvernement sur la viande, comme vient de le confirmer, à nouveau, le journal officiel N° 29 du 23 Mai 2018…

Qui croire ?

Algeriepart a appris que Massimo Guarischi a été rattrapé par une décision de la Cour suprême de son pays, qui a confirmé le 18 Avril 2018, sa condamnation à cinq ans de prison pour…corruption.

En effet la justice italienne a estimé qu’il avait joué les intermédiaires entre certains entrepreneurs du secteur de la santé et des fonctionnaires régionaux, qui avaient été soudoyés pour approuver les résolutions du conseil régional.

Une situation bien délicate pour la société INALCA Algérie, qui peinait à équilibrer ses comptes et à rassurer ses employés ou ses banquiers’’ nous informe une source interne.

Selon les informations que nous avons pu obtenir, Le nom de la personne qui s’apprête à remplacer Guarischi en tant que gérant d’INALCA Algérie serait …Roberto Formigoni.

Roberto Formigoni

Ce dernier, est un homme politique italien, ancien président de la riche région de Lombardie, poste qu’il a occupé de façon continue de 1995 à 2013.

Roberto Formigoni, aujourd’hui sénateur, a également été inculpé pour avoir obtenu de la part de Guarischi l’équivalent de 447.000 euros en pots de vin afin de garantir un traitement préférentiel à la société Hermex Italia dans un marché de fourniture de matériel de diagnostic…

Le 22 décembre 2016, il avait également été reconnu coupable en première instance pour deux affaires ayant porté sur des scandales sanitaires régionaux et condamné à une peine de six ans d’emprisonnement, six ans d’interdiction de fonctions publiques et la confiscation d’environ 6,6 millions d’euros.

Nous avons également appris durant notre enquête que Luigi Cremonini, Président du groupe éponyme, connait Roberto Fromigoni, puisqu’il avait inauguré officiellement, comme vous pouvez le voir sur le document ci-après, une usine de production de viande en Lombardie…

Il faut également savoir que Luigi Cremonini et son fils Vincenzo, administrateur au sein du groupe, ont été condamnés à 2 ans de prison et à une importante amende pour malversations et fausses déclarations à la bourse italienne.

Luigi Cremonini  

Il semble tout de même évident que des failles importantes ont été commises dans le contrôle à-priori et les autorisations qui en découlent, octroyées à ce groupe italien.

Alors des questions, il y en a beaucoup dans cette surprenante affaire, mais nous en poserons deux qui nous paraissent primordiales.

Quels rôles jouent les services de veille économique et de renseignement de l’ambassade algérienne en Italie ?

Comment peut-on laisser des personnes condamnées à des peines pour corruption, créer des affaires en Algérie et s’accaparer d’une entreprise publique tel le complexe de l’ENAFROID ?

Des réponses qui ne viendront probablement jamais…