Le jeune homme encourait une lourde peine. Et ça n’a pas raté. Le tribunal criminel de Béjaïa a condamné, jeudi, le blogueur Merzoug Touati à 10 de prison ferme et à une amende de 50 000 DA. Le jeune blogueur a fait appel.

Le juge a estimé que Merzoug Touati est coupable d’avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », un crime passible de 20 ans de prison. Le jeune diplômé universitaire au chômage avait été arrêté le 25 janvier 2017 suite à la parution d’une vidéo sur son blog Al Hogra, qui a été fermé par les autorités. Depuis, il est incarcéré à la prison d’El Khemis, à Béjaïa. Dans cette vidéo, il avait interrogé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien sur les relations entre l’État hébreu et les pays arabes.

La cour a en revanche écarté le chef d’accusation d’avoir « incité les citoyens ou habitants à s’armer contre l’autorité de l’État », passible de la peine de mort, et deux autres crime et délit d’atteinte à la sûreté de l’État dont était accusé le blogueur pour avoir posté un appel à manifester sur Facebook.

« Merzoug Touati est un blogueur qui n’a fait qu’exercer ses droits garantis par la Constitution. Il est libre de parler avec qui il veut et de dire ce qu’il veut », a déclaré Me Boubakeur Esseddik Hamaïli, l’un de ses avocats. Lors de la plaidoirie, le Procureur a requis la peine de mort…