Comme annoncé dans notre précédente publication, Algérie Part poursuit son feuilleton sur le classement des 20 plus grosses fortunes en Algérie. Nous avons entamé notre classement par le Top 5 des plus hommes les riches du pays. Nous continuons notre série et dans l’épisode de ce vendredi 25 mai, nous allons nous intéresser aux personnes fortunées qui occupe le Top 10 de notre classement. 

Nous rappelons que la rédaction d’Algérie Part a identifié une méthode efficace pour dresser son classement du TOP 20 des milliardaires algériens. Nous avons procédé à l’évaluation de la valeur de tous les actifs dont nous avons la preuve qu’ils appartiennent à la personne étudiée au cours de nos investigation. Ce sont aussi les personnes qui ont manifesté la plus grande transparence dans la déclaration de leurs patrimoines.

En se référant à notre méthodologie, nous avons entamé nos recherches pour établir le classement des 20 milliardaires les plus riches en Algérie. Un classement que nous avons décidé de dévoiler à nos lecteurs et lectrices dans un feuilleton de plusieurs parties pour expliquer les tenants et aboutissants des plus grosses fortunes de notre pays.

6 – Djilali Mehri, 1 milliard de dollars 

Il fut pendant longtemps l’homme le plus riche en Algérie. Djilali Mehri fait partie de l’histoire de l’Algérie. Il est certainement le pionner du secteur privé. Mais le vieil homme originaire de la région d’El-Oued; où il a construit son palais des mille et une nuit le domaine d’El-Daouia, du nom de sa défunte mère, a été dépassé ces dernières années par des hommes d’affaires plus offensifs et plus actifs. En réalité, l’enfant d’Oued Souf a décidé de s’expatrier rapidement vers la France où il a développé son royaume. C’est ce qui explique qu’il est, désormais, dépassé par d’autres businessmans nettement plus fortunés que lui… en Algérie.

Mais en dépit de son âgé avancé, et du transfert d’une grande partie de ses affaires en France, Djilali Mehri pèse au moins 1 milliard de dollars dans son payas natal l’Algérie. Djilali Mehri commence dans les affaires très jeune. Avant l’indépendance, Djillali Mehri entama sa carrière irrésistible dans le négoce en revendant à la Libye, qui n’est guère éloignée de son fief, des pneus rachetés à l’armée françaises. Puis le jeune ambitieux monte à Alger et traite avec les commerçants séfarades de la rue de la Lyre. A l’époque du colonialisme français, les juifs d’Algérie tenaient l’essentiel du commerce des biens de consommation entre l’Algérie et l’ancienne puissance coloniale et ils gardèrent ces marchés longtemps après l’indépendance, notamment le sucre, le blé et la semoule.

Après l’indépendance, L’Etat algérien lui cède la gérance d’ateliers de bateaux et le sollicite pour réparer le vaisseau offert par le président égyptien Nacer à son homologue Ben Bella.

Mais le roi des hommes d’affaires algériens lorgnent rapidement du côté de la France. Il profite surtout de son amitié avec Jean-Christophe, le fils de François Mitterand, le défunt président français, pour développer des projets dans l’immobilier et l’industrie.

Et c’est ainsi qu’en1986, Mehri est autorisé par la direction générale du Trésor français à investir dans la pierre. Depuis, la SCI familiale gère les opérations immobilières dans les quartiers les plus chics à Paris.  En France, Djilali Mehri entrera dans la cour des grands en rachetant le chauffagiste Chaffoteaux et Maury en février 1985.

Et puis plus rien n’arrête l’ascension internationale de l’homme d’affaires algérien. En Algérie, chez lui, il se concentrera uniquement sur le secteur du tourisme en développant la chaîne hôtelière française AccorHotels. Son plus grand coup fut récemment la Gazelle d’Or Resort & Spa érigé entre les dunes du désert d’El-Oued. C’est sans doute le complexe le plus luxueux en Algérie.

L’homme a beaucoup vieilli. Ses enfants notamment son fils Djamel essaie de reprendre le flambeau. Toutefois, il demeure, dur, très dur d’égaler le prestige du père.

 

7 – La famille Kouninef, 800 millions de dollars 

C’est la famille la plus puissante en Algérie. Les trois frères Karim, Réda et Noah sont impliqués dans les projets les plus rémunérateurs et les plus juteux en Algérie. Il faut savoir que la famille Kouninef est dans les affaires en Algérie depuis les années 70. Le père fondateur de cette famille devenue l’une des plus riches en Algérie a été depuis longtemps l’un des amis les plus proches d’Abdelaziz Bouteflika. Lorsque ce dernier faisait sa traversée du désert dans les années 80, il a toujours trouvé une main tendue chez ses amis, les Kouninef, qui n’ont jamais hésité à le secourir financièrement. Et comme la gratitude et la reconnaissance sont des valeurs très chères à Bouteflika, les Kouninef ont agrandi significativement leur empire depuis 1999, date à laquelle Abdelaziz Bouteflika accède au pouvoir.

La société phare du groupe familial s’appelle KOUGC. Cette entreprise concentre les activités les plus onéreuses et lucratives des Kouninef. Elle est devenue la plus grande entreprise privée algérienne dans le secteur de l’hydraulique. Son chiffre d’affaires dépasse les 140 millions de dollars.

 

Hommes d’affaires et influents lobbyistes de l’ombre. C’est le secret de la réussite étincelante des trois frères Kouninef. Une réussite qui a fait de ces trois mousquetaires les “princes des oligarques”. On ne compte plus le dossiers où ils ont été les principaux instigateurs. En 2015-2016, le stratège Réda Kouninef le déclencheur de l’offensive contre Issad Rebrab, l’homme d’affaires le plus riche d’Algérie, et héritier de l’Etat-DRS longtemps combattu par Bouteflika. Lors du conflit entre Sellal et Ali Haddad, il est celui qui négocie et impose la paix. Et lors du lancement des méga-projets, il est celui qui défend toujours les intérêts des groupes privés dans leurs associations avec les multinationales. Réda, le plus rusé et intelligent des frères Kouninef, est tellement discret qu’on ne retrouve nulle part la moindre photo de lui.

 

8-  Mourad Eulmi, 700 millions de dollars 

Il est le prince des voitures allemandes en Algérie. Représentant officiel de Volkswagen en Algérie depuis 1999, il a fini par intégrer ces dernières années le club fermé des plus grosses fortunes du pays. Durant près d’une décennie, Mourad Eulmi avec sa société Sovac s’est accaparé de la troisième part du marché algérien après Renault et Peugeot. En juillet 2017, l’ancien importateur que tout le monde prenait de haut va devenir l’industriel qui introduira Volkswagen en Algérie ! L’une de Relizane est lancée en grande pompe bénéficiant d’un prêt de 170 millions d’euros la banque publique le CPA. Mourad Eulmi élargit sa vision jusqu’à rêver d’un véritable pôle industriel de sous-traitance.

Mais l’home énerve et suscite les plus vives critiques en raison de son opulence arrogante. A Paris, il rachète un ancien appartement de Nicolas Sarkozy dans le très chic quartier de Neuilly-sur-Seine. En Espagne, il se lance dans la céramique. Et A Alger, il commande un Jet Privé d’une valeur record de 36 millions d’euros ! Mourad Eulmi est riche, très riche et il veut que tout le monde le sache…

 

9 – Mohamed Laid Benamor, 500 millions de dollars 

Il est le président de la Chambre algérienne de Commerce et d’industrie (CACI). Mohamed Laid Benamor est un poids lourd du secteur privé algérien. Le groupe familial qu’il dirige, le groupe Benamor, réalise un chiffre d’affaires dépassant les 250 millions de dollars. Pendant des années, cet homme d’affaires a régné sur le secteur de l’agroalimentaire. Ses produits, des pâtes, de la semoule, etc., s’exportent vers l’étranger. Mais le président de la CACI est cité dans plusieurs affaires louches et suspectes. L’ancien Premier-ministre, Abdelmadjid Tebboune, voulait sa tête en raison de plusieurs dossiers de transferts de devises illicites.

Mais le fortuné s’en est toujours sorti. Et jusqu’à aujourd’hui il continue à se maintenir en place en dépit de toutes les tempêtes politiques. Mais restera-il aussi longtemps riche et puissant ? Pas si sûr.

 

10 – Abdelmalek Sahraoui, 430 millions de dollars 

Il était un parfait inconnu jusqu’à ce qu’il soit élu député lors des précédentes élections législatives. Député FLN, Abdelmalek Sahraoui est certainement le député le plus riche de toute l’Algérie. Et pour cause, il est le propriétaire de la marque de lubrifiants et de produits pétroliers Petroser. Discret, anonyme, cet enfant de Mascara a bâti une véritable fortune avec des manœuvres qui suscitent de nombreuses interrogations. Haut responsable au FCE d’Ali Haddad, le patron de Petroser gagne énormément d’argent grâce à des facilités déconcertantes qui lui sont offertes par les banques publiques et les autorités locales de plusieurs wilayas notamment Mascra et El-Bayadh qui accueillent ses grandes terres agricoles. Depuis qu’il vole en jet privé et roule en Porsche, l’homme passe de moins en moins inaperçu. Et ses affaires intrigantes commencent à susciter la gêne. Soulignons enfin que cet homme très fortuné fait l’objet en ce moment d’une minutieuse enquête menée par la rédaction d’Algérie Part.

A suivre….