Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs relatant l’histoire de l’une des plus grosses escroqueries immobilières en Algérie. Il s’agit de l’affaire de l’Epsi El-Bordj, un scandale méconnu du grand public. Enquête. 
Tout a commencé en 2004/2005 lorsque des annonces publiées dans plusieurs quotidiens nationaux vantaient les avantages de l’achat de logements promotionnels à Dar El-Beïda, au lieudit Haouch Attar, dans la banlieue d’Alger. Séduit par les bienfaits et qualités virtuelles de ce projet, de nombreux algériens se sont engagés pour l’achat de ces appartements que devaient abriter la promotion immobilière El-Mordjane que l’entreprise privée EPSI El-Bordj devait bâtir.
A l’image de plusieurs dizaines d’Algériens, notamment des cadres supérieurs, enseignants universitaires ou fonctionnaires des administrations étatiques, Azzedine Aït Challal, un simple compatriote, s’est engagé pour l’achat d’un F4 suivant la formule de la vente sur plan. L’EPSI El-Bordj avait domicilié dans une une villa à Saïd Hamdine, située juste en contrebas de la DG de L’AADL (Lotissement AADL, villa n°16, BMR, Alger).
Azzedine Aït Challal commence par payer une avance de 960.000 DA. Cette somme a été versée sur le compte EL-BARAKA de Birkhadem au nom de son patron, le fameux promoteur Belkadi Mohamed. Pendant 2 ans, ce promoteur va souffler le chaud et le froid à Azzedine Ait Challal et à plusieurs centaines autres souscripteurs.
Le chantier de ces logements ne va jamais démarrer. Le doute s’empare d’Azzedine Aït Challal qui appréhende l’arnaque. Il décide de se désister, mais le promoteur lui demander de patienter pour récupérer son argent, son apport personnel.  3 mois plus tard, il retourne dans siège de l’Epsi El-Bordj et là il découvre une villa déserte ! Le promoteur a totalement disparu et l’argent s’est évaporé.  Une plainte est rapidement déposée au commissariat de Saïd Hamdine. La justice se saisit de cette affaire et le scandale éclate au grand jour.
Un énorme scandale dont on ignore jusqu’à aujourd’hui le préjudice financier. Et pour cause, le promoteur véreux Mohamed Belkadi a fait croire à ses clients qu’il travaille avec le Fonds de garantie et de caution mutuelle de la promotion immobilière (Fgcmpi), mais cet organisme n’a jamais pu rembourser les centaines de familles arnaqués et volées.
Le promoteur escroc a mis en place une étrange formule pour berner les acquéreurs. Il s’agit du  “contrat de confiance” qui n’a aucun fondement dans les textes législatifs régissant le domaine. Il faut dire que le patron de l’Epsi El-Bordj n’en était pas à ses débuts dans les combines de l’escroquerie.
Auparavant, au début des années 2000, il avait envisagé la construction de 1 668 logements à travers les différentes localités de la capitale et un centre commercial à Dar El-Beïda. Un groupe d’enseignants universitaires avait résilié le contrat signé avec ce promoteur concernant la réalisation de logements à Dar El-Beïda en 2000 pour le non-respect dudit promoteur des délais de réalisation. Ce dernier a occupé indûment les terrains et vendu des habitations dans le cadre de la vente sur plan. Quelques années plus tard, le même promoteur indélicat réitère à Ouled Fayet où il avait arnaqué des dizaines de familles en leur miroitant qu’il voulait lancer un projet de réalisation de 468 logements dans une zone non-urbaine exploitée illicitement. Les services de la wilaya d’Alger ont intervenu pour procéder à la démolition de ce qui a déjà été réalisé.
Mais dans toutes les affaires louches et scandaleuses, Mohamed Belkadi recourt la même méthode. Il demande à ses clients de lui 30% d’apport personnel à la réservation, 20% à la fin des gros œuvres, 20% aux finitions (CES) et 10% à la remise des clefs. Et pour convaincre les plus réticents, il exhibe sa carte d’adhésion du fonds de garantie alors qu’il n’est plus adhérent de l’organisme et de caution mutuelle de la promotion immobilière (Fgcmpi).
Des centaines de familles ont cru les bobards de ce promoteur qui a été qualifié dans les divers tribunaux de la capitale Alger où il avait défilé, pour répondre aux accusations de ses victimes,  du “futur Khalifa de l’immobilier”.
Un Khalifa de l’immobilier qui a ruiné la vie de plusieurs dizaines, voire centaines de familles comme cette femme a récolté 72 millions de centimes par la vente de mhadjeb durant de longues années. Une femme qui a tout perdu sans accéder à son rêve : habiter dans son propre logement ! Parmi les victimes de cette grosse escroquerie, nous retrouvons des couples qui ont enduré les pires privations en faisant des économies, se contentant du strict minimum pour épargner de l’argent dans le seul espoir d’acquérir un jour un logement décent.