Au moment où l’Etat algérien traverse l’une de ses crises financières les plus compliquées, certaines institutions enchaînent les dérapages budgétaires et ne respectent aucun devoir de rigueur. C’est le cas de la Caisse Nationale d’Assurances Sociales des travailleurs salariés (CNAS) qui dispose impressionnant des voitures les plus rutilantes sans aucune rentabilité ou justification pertinente. 

La CNAS a même dépensé depuis 2016 des sommes colossales pour renouveler son parc roulant alors que cet organisme n’a nullement besoin de voitures flambant neuves pour exécuter sa mission, à savoir protéger les cotisations des salariés algériens et veiller sur le remboursement des frais des diverses prestations de santé dont ils ont besoin.
Selon nos investigations, avant 2017, la CNAS disposait d’un parc de 559 voitures dont la moitié, à savoir 280 voitures, étaient neuves et les autres véhicules étaient tous en bon état. Et pourtant, sans réunir des éléments justificatifs, le DG de la CNAS, Tidjani Hassan Haddam a procédé à l’achat de 11 voitures Skoda rapid pour les remettre aux directeurs centraux. Malheureusement, ces derniers ont considéré que ces voitures n’étaient pas dignes de leur rang ! La direction générale de la CNAS décide, par la suite, en 2018 de commander 76 voitures HYUNDAI ELANTRA au profit de tout le staff de la DG et les directeurs des agences régionales de la CNAS.
Ces acquisitions ont été financées avec les deniers publics alors que la CNAS possède d’ores et déjà 7 voitures neuves constituées de 2 voitures Passat neuves dont le prix dépassent les 400 millions de centimes pour chacune d’entre elles, 2 voitures Skoda octavia estimées à plus de 300 millions de centimes pour chacune d’entre elles, une autre Skoda Rapid ainsi que deux rutilantes 4×4 Hyundai Santa Fee.
La CNAS a-t-elle réellement besoin de toutes ces voitures pour assurer son fonctionnement ? Pourquoi se permettre autant de voitures neuves en cette période délicate où il est essentiel de préserver les équilibres budgétaires ?
Assurément, nous sommes face à un cas de gaspillage des deniers publics, pour ne pas une utilisation suspecte et immorale de l’argent public. Qu’attend le ministère du Travail et de la Sécurité Sociale pour exercer un véritable audit et contrôle rigoureux sur la gestion de la CNAS ?