En dépit d’une très aiguë crise financière, les personnes les plus riches se portent bien en Algérie. Algérie Part vous dévoile pour la première fois le TOP 20 des personnes les plus fortunées en Algérie. 

Il faut reconnaître qu’il demeure très difficile de mesurer l’ensemble de la richesse d’un individu en Algérie. L’argent est encore un grand tabou dans notre société en dépit de certaines apparences trompeuses. Pour des considérations sécuritaires, politiques et socio-culturelles, les gens les plus riches sont forcées à se cacher.

Par ailleurs, il est très compliqué d’examiner exhaustivement tous les comptes bancaires, propriétés immobilières, tableaux, yachts et jets privés des grandes fortunes algériennes.

Mais Algérie Part a identifié une méthode efficace pour dresser son classement du TOP 20 des milliardaires algériens. Nous avons procédé à l’évaluation de la valeur de tous les actifs dont nous avons la preuve qu’ils appartiennent à la personne étudiée au cours de nos investigation. Ce sont aussi les personnes qui ont manifesté la plus grande transparence dans la déclaration de leurs patrimoines.

Force est également de constater qu’en Algérie, des fortunes gigantesques sont dissimulées par leurs propriétaires dans des juridictions discrètes à l’étranger et des structures internationales opaques. Mais pour dépasser tous ces écueils et établir notre classement, Algérie Part s’est basé principalement sur la valeur des actions détenues par ces milliardaires dans des entreprises. La valeur de ces actions et participations peut évoluer sans cesse en fonction des résultats financiers de ces projets, mais il n’en demeure pas moins qu’elle révèle l’ampleur de la richesse d’une personne.

C’est dans ce contexte, et en se référant à notre méthodologie, que nous avons entamé nos recherches pour établir le classement des 20 milliardaires les plus riches en Algérie. Un classement que nous allons dévoiler à nos lecteurs et lectrices dans un feuilleton de plusieurs parties pour expliquer les tenants et aboutissants des plus grosses fortunes de notre pays.

1 – Issad Rebrab, 4 milliards de dollars :

Malgré tous les obstacles auxquels il est confronté en Algérie en raison de ces différends politiques avec l’entourage du Président Abdelaziz Bouteflika, Issad Rebrab ne cesse de s’enrichir et de développer une fortune colossale que nous estimons à 4 milliards de dollars. Et même si l’influence de Rebrab a nettement baissé et perdu de son prestige après le départ de plusieurs hauts gradés de l’institution militaire algérienne comme son ami le général Toufik, l’ex-patron du DRS, Rebrab a conservé la totalité de sa fortune grâce à sa stratégie très efficace : conserver le leadership dans le secteur agroalimentaire avec sa raffinerie d’huile et de sucre à Béjaïa et explorer des niches très rémunératrices comme la production du verre avec sa filiale Mediterranean Float Glass (MFG SPA) qui fonctionne à merveille ou le fabricant de fenêtres OXO racheté en France par Cevital en 2013.

Avec tous ces atouts, Rebrab devra rester encore pendant longtemps l’homme le plus fortuné en Algérie.

 

2 – Ali Haddad, 1,8 milliard de dollars : 

Ali Haddad, le patron des patrons algériens, est un homme de plus en plus riche. Et selon nos estimations, sa fortune est évaluée à au moins 1,8 milliard de dollars. Son groupe familial l’ETRHB est le deuxième groupe privé en Algérie. Durant ces dernières années, Ali Haddad et ses frères ont amassé une véritable fortune grâce à tous les chantiers lancés dans les quatre coins du pays notamment dans les alentours de la capitale Alger.

Selon nos recherches, l’ETRHB a fait passer son chiffre d’affaires  de l’équivalent de 70 millions de dollars en 2006 à 400 millions de dollars en 2015. Les bénéficies du groupe d’Ali Haddad ont dépassé les 150 millions de dollars en 2015. Si nous calculons la totalité des actifs des entreprises d’Ali Haddad, nous obtenons le chiffre de 940 millions de dollars.

Depuis 3 ans, Ali Haddad a été déstabilisé par la crise financière qui a réduit la commande de l’Etat dans le secteur du BTP. Et sans un impressionnant carnet de commandes de l’Etat, Ali Haddad ne pourra pas continuer à gagner beaucoup d’argent. Mais l’homme d’affaires originaire d’Azzefoun en Kabylie est stratège : il opère la diversification de ses activités et s’intéresse, désormais, à la production des engrais, les produits des dérivés du pétrole et l’acier ainsi que le ciment. L’avenir devra donc rester radieux pour la deuxième grosse fortune en Algérie.

 

3 – Mahieddine Tahkout,  1,5 milliard de dollars : 

Tahkout, c’est l’histoire d’un homme qui a commencé à partir de rien. Un homme qui s’est forgé tout seul en traversant toutes les épreuves les plus dures en Algérie. Aujourd’hui, l’homme qui s’est initié à presque tous les commerces, les métiers et plusieurs secteurs d’activité est à la tête d’un énorme empire qui s’étend de l’automobile jusqu’à l’hôtellerie.  Selon nos estimations, Mahieddine Tahkout pèse au moins 1,5 milliard de dollars.

Son investissement le plus populaire et le plus connu est sans doute Hyundai Algérie. A Tiaret, l’homme d’affaires procède à l’assemblage des voitures du fabricant sud-coréen. Selon nos investigations, il est le deuxième vendeur de voitures dans toute l’Algérie après l’incontournable et puissant constructeur français Renault. Avec son réseau de distribution développé par son autre entreprise CIMA Motors, sa chaîne de télévision Numidia News, ses investissements dans la fabrication des pièces détachées à travers l’usine des plaquettes de frein de Réghaïa et une autre en cours de préparation à Tissemsilt avec le groupe tunisien PEC pour la fabrication de tous les composants automobiles en plastique, Mahieddine Tahkout est devenu ces dernières années une pièce maîtresse du secteur privé en Algérie. Et ses futurs projets dans l’industrie du montage automobile devront lui permettre de rester pendant encore longtemps sur le podium des trois plus grosses fortunes en Algérie.

 

4 – Ahmed Mazouz, 1,2 milliard de dollars : 

Il est encore quasiment méconnu du grand public, mais ses projets et ses entreprises ont une grande notoriété en Algérie. Ahmed Mazouz, le patron du groupe Mazouz, est un jeune loup qui va devenir un lion dans les toutes prochaines années. Avec une fortune estimée par nos soins à 1,2 milliard de dollars, Ahmed Mazouz est devenu un poids lourd du secteur privé grâce notamment à la réussite de sa reprise, officialisée le 17/02/2007, de la marque N’gaous Conserves SPA. En un temps record, Ahmed Mazouz fera de N’gaous le jus le plus vendu dans toute l’Algérie. Il réussira même à l’exporter vers des pays de l’Afrique sub-saharienne, la Tunisie et même des pays européens comme la France ou des contrées lointaines comme la Chine.

Ahmed Mazouz ne passe pas son temps à boire du jus. Il entre de plain-pied dans l’industrie du montage des véhicules avec deux importants projets conclus entre son groupe et les constructeurs chinois Chery et Shacman. Les véhicules utilitaires, c’est le dada de cet homme d’affaires, un fin connaisseur de la Chine, qui a développé de précieux réseaux dans les plus grosses zones industrielles chinoises pour “importer” de l’expérience et du savoir-faire dans son pays natal l’Algérie.

Avec le grand centre commercial et de loisirs de Bab Ezzouar qu’il rachète le 26 octobre 2016, Ahmed Mazouz ambitionne de conquérir le grand marché de la distribution et du loisir dans notre pays. Mais son plus grand coup sera incontestablement sa future raffinerie de sucre d’une capacité d’un million de tonnes par an qui devra être inaugurée  le 5 juillet prochain. Située dans une zone d’activité à Boumerdès, elle relèvera le challenge de concurrencer l’empire Cevital de Rebrab.

 

5 – La famille Benhamadi, 1,1 milliard de dollars : 

C’est la famille la plus riche de tout l’est algérien. Les Benhamadi sont les propriétaires du groupe Condor, le fabricant de produits électroménagers et de smartphones. Condor a réalisé un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2017. C’est le deuxième vendeur de smartphones et de téléphones en Algérie après le géant Samusung. Il est leader depuis des années en Algérie dans la commercialisation des téléviseurs, réfrigérateurs ou machines à laver. Abderrahmane Benahamdi et ses frères, Omar ou Smaïl sans oublier Moussa qui s’est lancé dans la politique, dirigent un groupe de plus en plus prospère qui a décidé de s’internationaliser pour ne plus subir les aléas du marché algérien. La Maurétanie, la Tunisie, des négociations au Soudan et une implantation en France, les Benhamadi veulent jouer dans la cour des grands. Leur fortune est estimée par nos soins à 1,1 milliard de dollars.

Un chiffre qui devra augmenter rapidement dans les toutes prochaines années car cette famille est impliquée dans plusieurs affaires juteuses comme la future usine du constructeur automobile français Peugeot qui sera bientôt lancée à Oran. Le BTP, l’hôtellerie et l’industrie pharmaceutique à travers la filiale GB Pharma constituent tous de nouveaux business pour cette insatiable famille qui règne sur un empire en croissance.

A suivre…