Étrange et incompréhensible fut l’attitude de l’inspection  travail d’Alger. Cette institution censée protéger les droits des travailleurs algériens n’a pipé mot lorsqu’elle a été interpellée par un collectif représentant les 153 employés du laboratoire britannique AstraZeneca. Il s’agit d’un géant mondial de l’industrie pharmaceutique qui quitte l’Algérie dans des conditions troublantes après avoir annoncé le lancement de méga-projets conclus avec le ministère de la Santé. 

Algérie Part a obtenu en exclusivité les requêtes déposées à l’inspection de travail d’Alger par les employés algérien de ce laboratoire qui procède en ce moment à des licenciements abusifs sans tenir compte des droits sociaux de ses travailleurs algériens. En effet, sur 153 employés, pas moins de 90 sont en litige avec les responsables d’AstraZeneca. Ces employés sont confrontés des énormes difficultés avec leurs responsables hiérarchiques. Il s’agit de Saida HADDADJ, directrice des ressources humaines jusqu’au 20/03/2018 et Nadjib BAHBAH, directeur des ressources humaines par interim à partir du 20/03/2018.

Le calvaire des employés algériens a commencé lorsque les dirigeants d’AstraZeneca Algérie leur ont annoncé  l’expiration de leur agrément en tant que Bureau de liaison. En l’absence de notification de renouvellement par le ministère du commerce, le laboratoire AstraZeneca s’est retrouvé dans l’obligation de cesser ses activités professionnelles  en attendant le renouvellement de l’agrément.

A partir du 27/02/2018, les employés ont été mis en congé et l’employeur a notifié qu’il pouvait mettre fin à cette période de congé à tout moment. A la surprise générale, le 11/04/2018, les dirigeants d’AstraZeneca changent de cap et décide de mettre un plan social formulé en deux solutions. La première consiste à obliger les employés algériens à démissionner pour signer un nouveau contrat avec un prestataire (CLINICA group) pour le compte de AstraZeneca avec des termes obscurs qui manquent cruellement de transparence.

La deuxième est de se séparer de ces employés en leur proposant une indemnisation à hauteur de 1 mois de salaire pour chaque année travaillée. Cette indemnisation a été jugée très faible au regard des capacités financières de leur société multinationale. Après plus de 10 ans de travail sans répit, les employés Algériens d’AstraZeneca se voient poussés à la porte de sortie sans aucune explication rationnelle et avec des indemnités ridicules.

Depuis 2015, AstraZeneca s’est engagée à créer une entité algérienne pour se lancer dans la production pharmaceutique dans notre pays. Des engagements que la laboratoire britannique ne tiendra jamais. Et aujourd’hui, à l’expiration de son agrément, il veut se débarrasser de ses employés algériens comme s’il s’agissait d’un bétail trop encombrant.

Les employés d’AstraZeneca ont demandé des sessions de négociations pour aboutir à des solutions. Beaucoup d’entre eux refusent de démissionner et exigent des explications ainsi que des informations fiables sur leur avenir professionnel. Les deux interlocuteurs de ces employés, François Régis JAN, Country director, et Khaled ATEF, Président Egypte et North Africa, refusent de leur accorder leurs droits comme le dictent, pourtant, les dispositions du code du travail algérien.

Abandonnés à leur triste sort, les employés algériens d’AstraZeneca ont demandé à l’inspection de travail d’Alger une assistance juridique et un accompagnement moral. Jusqu’à aujourd’hui, cette institution n’a pas bougé le petit doigt pour protéger ces compatriotes qui se trouvent privés de leur travail du jour au lendemain. Nos institutions sont-elles désarmées à ce point face à un laboratoire pharmaceutique étranger aussi puissant soit-il ?