Les sommes faramineuses débloquées par l’Etat pour les budgets des divers ministères et institutions du pays ne sont pas forcément toute dépensées. Les règlements budgétaire, rendues publiques par intermittence, donnent des indications parfois étonnantes de la destination de l’argent public.

Certains départements dépensent beaucoup moins que ce qui est prévu dans la loi de Finances tandis que d’autres dépassent largement les quotas qui leur sont réservés.

Il en est ainsi du ministère des moudjahidine dont la consommation du budget est de plus de 102%, selon la loi de règlement budgétaire de 2015. Ainsi, de budget initial de 252.333.450.000 Da, l’Etat a ajouté une somme de 252.386.765.000 DA. Cela n’a pas été suffisant puisque la consommation finale du budget a été de 255.648.469.319,82. Un dépassement donc de 3.261.704.319,82 DA a été constaté. Pourtant, le ministère des moudjahidine ne produit presque rien du tout. Son budget de fonctionnement va donc aux pensions versées aux anciens combattants (toujours aussi nombreux) et leurs ayants droits. C’est, d’ailleurs, l’un des budgets les plus importants de l’Etat. Une dotation qui fait polémique chaque année.

L’autre département ministériel qui a vu son budget augmenter au-delà des dotations votées par le parlement est celui de l’Artisanat. Le budget de ce département a cru de 297% ! Cela s’explique par le fait qu’un ministère en pleine expansion a besoin de plus d’argent.

Par contre, certains départements n’ont pas consommé la totalité de leurs budgets. C’est le cas de la présidence de la République qui n’a dépense que 66% de son budget en 2015. Le ministère de l’industrie n’a utilisé que 78 de son budget et le département de Commerce 79%. Le ministère du Travail n’a dépensé, lui, que 77% de son budget. En revanche, le ministère de la Défense nationale a consommé plus de 99% de son budget. Et les services du premier ministre ont dépensé 95% de leur dotation budgétaire !