Tous les Algériens connaissent l’histoire de Tahar Missoum, l’ancien député indépendant de la wilaya de Médéa qui faisait vibrer durant son mandat (2012-2017) l’APN avec ses diatribes antigouvernementales. Mais personne ne connaît l’histoire de son frère, Tahar Abdelkader, un ancien PDG d’un important groupe industriel public. 

Un PDG qui a été licencié et chassé dans des conditions troublantes parce qu’il est tout simplement le frère d’un député qui dérangeait et dont les sorties médiatiques extravagantes font mal, très mal à plusieurs membres de l’ancien gouvernement d’Abdelmalek Sellal. Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs qui vous dévoilent l’histoire sombre de cette “vendetta” dont fut victime un haut cadre de l’Etat.

Tahar Abdelkader fut jusqu’au 05 février 2015 le président du directoire de la SGP CEGRO SPA, un groupe d’entreprises publiques qui intervenaient dans les industries de la trituration des céréales pour la production des farines et semoules. Le 23 février 2015, ce groupe industriel va disparaître pour laisser de la place à un nouveau groupe public : il s’agit de SPA AGROVI Agro-Industries né de la fusion des SGP COJUB et CEGRO dans la SGP TRAGAL transformée en une société commerciale portant le capital social de ce nouveau groupe se composant de 41 filiales à 10,261 milliards de DA (96 millions d’euros).

Cette métamorphose a été décidée par Abdesslam Bouchouareb lorsqu’il était ministre de l’Industrie. Ce dernier avait décidé en 2015 de lancer sept groupes industriels publics viennent d’être créés en plus des cinq existants pour une réorganisation du secteur public marchand.

Mais Bouchouareb ne s’est pas arrêté là. Il a été informé que le premier responsable de la  SGP CEGRO SPA est le frère de son ennemi juré : le député spécifique Tahar Missoum qui l’étrillait à chacune de ses interventions au parlement.

Une véritable machination fut donc mise en branle au ministère de l’Industrie pour pousser à la sortie Tahar Abdelkader. Le 02 février 2015, l’inspecteur général du ministère de l’Industrie, Benhennia Nacer, adresse une correspondance à l’administration du groupe SGP-CEGRO pour la prévenir qu’une mission d’inspection sera conduite par deux inspecteurs au niveau du groupe ERIAD Alger, une filiale stratégique de la SGP-CEGRO, qui connaissait de graves dysfonctionnements en raison d’une association lamentablement élaborée avec le groupe privé Benamor du milliardaire Mohamed Laïd Benamor.

Or, à la surprise générale, le lendemain de cette correspondance, soit le 03 février 2015, l’inspecteur général du ministère de l’Industrie adresse une nouvelle note où il annonce que cette mission d’inspection est reportée à une date ultérieure sans expliquer les motifs de ce report mystérieux.

 

Pour prendre tout le monde de court, le ministère de l’Industrie sous l’égide d’Abdesslam Bouchouareb a décidé le 05 février 2015 de tenir une assemblée générale extraordinaire de la SGP-CEGRO. Les membres de cette AG ont été convoqués à 11 H comme l’indiquent les documents exclusifs obtenus par nos soins.

Les membres de cette AG extraordinaire décident à l’unanimité de mettre fin aux fonctions du président du directoire de la SGP-CEGRO. La décision est brutale et suscite une onde de choc au sein des entreprises de ce groupe public. Au moment où une importante mission d’inspection devait mener son travail pour rendre ses conclusions, un PDG est limogé, chassé et dégagé avec une rapidité déconcertante. Selon nos investigations, Abdesslam Bouchouareb voulait se venger du député spécifique Tahar Missoum qui lui causait tellement du tort médiatiquement à travers ses prises de position très hostiles.

C’est dire enfin que la gestion des fonctions sensibles dans les secteurs névralgiques de notre pays n’obéit à aucun critère managérial rationnel. C’est très inquiétant pour l’avenir de l’Algérie…