Le mercredi 09 mai dernier, Sonatrach a officialisé le rachat de la raffinerie italienne d’Augusta auprès d’Esso Italiana, filiale appartenant à 100% à la compagnie américaine ExxonMobil. Pour 580 millions d’euros, soit près de 700 millions de dollars, Sonatrach est devenue un acteur industriel et énergétique dans une stratégique région au sud de l’Europe. 

Mais cette acquisition a fait couler beaucoup d’encre en Algérie car de nombreuses voix se sont élevées pour expliquer qu’il s’agit d’une très mauvaise affaire. Est-ce vraiment le cas ? Non, loin s’en faut ! C’est plutôt une très bonne affaire. Pourquoi ?

D’abord, le prix que Sonatrach a payé pour acquérir cette raffinerie constitue un énorme atout. Avec 700 millions de dollars, Sonatrach a économisé beaucoup d’argent s’il avait décidé de lancer la construction d’une raffinerie totalement neuve sur le territoire national.

Il faut savoir à ce sujet que construire une raffinerie flambant neuve en Algérie coûte entre 4,5 et 5 milliards de dollars. A ce prix, il faut rajouter d’éventuels surcoûts qui s’expliquent par les frais de son entretien. Quant à sa durée de réalisation, il faudra attendre entre 4 et 5 ans pour achever tous les travaux. Il est donc nettement préférable de racheter une raffinerie d’ores et déjà opérationnelle et qui coûte beaucoup moins cher.

En plus, l’Algérie qui importe chaque année pour pas moins de 2 milliards de dollars de carburant est confrontée à l’urgence de réduire cette facture d’importation très salée en cette période de crise financière très aiguë.

La raffinerie d’Augusta permet donc à l’Algérie de faire des économies et de produire très rapidement les quantités de carburant dont a besoin cruellement notre consommation nationale. Il est à souligner à ce sujet que la raffinerie d’Augusta peut produire jusqu’à 15 millions de tonnes de carburant. Ce qui peut largement satisfaire les besoins du marché algérien.

Cependant, les détracteurs de ce projet ont dénoncé la vieillesse des installations de cette raffinerie italienne. Elle serait donc vieillotte et archaïque ? Non, pas vraiment. Et pour cause, le géant américain ExxonMobil a entamé à sa rénovation à maintes reprises. Et même si elle a été construite en 1949, la raffinerie d’Augusta a fait l’objet d’un très sérieux entretien durant toutes ces années. Preuve en est, elle continue d’alimenter les besoins du marché italienne et autrichien sans le moindre problème.

Par ailleurs, grâce à cette acquisition, Sonatrach est devenue également propriétaire de trois terminaux pétroliers situés à Augusta, Naples et Palerme. Il s’agit de trois infrastructures hyper-stratégiques qui permettent à Sonatrach de jouir d’un énorme atout pour commercialiser ses produits en Europe. Ces trois terminaux valent de l’or puisqu’ils pourront toujours être rentabilisés grâce à ses multiples prestations.

La vieillesse de la raffinerie d’Augusta ne cause pas de problème au regard des atouts stratégiques qu’elle offre à Sonatrach en particulier et à l’Algérie en général.

Il faut souligner, en outre, que d’autres grands groupes mondiaux étaient en course pour le rachat de cette raffinerie italienne. Il s’agit de BP, Total ou les russes de Lukoil. Ces grands groupes lorgnaient les divers atouts stratégiques de cette raffinerie située au sud de l’Italie. Si la raffinerie d’Augusta était aussi vieille et inintéressante, pourquoi elle aurait donc attisé la convoitise de ces géants mondiaux de l’énergie ?

Il reste enfin à Sonatrach de relever de nombreux défis. Le premier sera, certainement, celui de la rentabilité à long terme de la raffinerie d’Augusta surtout lorsqu’on sait que la commercialisation du diesel sera interdite dans les pays de l’Union Européenne à partir de 2025. Il est donc nécessaire pour atteindre cet objectif d’établir toute une nouvelle stratégique de commercialisation pour Sonatrach.  Selon nos investigations, un plan d’action est en cours d’élaboration par la direction générale de la compagnie nationale des hydrocarbures conduite par Abdelmoumen Ould Kaddour.

Un plan qui prévoit également de nouer un partenariat avec un groupe international pour assurer la maintenance et la gestion de cette raffinerie italienne. Algérie Part reviendra prochainement sur ce dossier avec de nouvelles révélations.