Ce dimanche matin, la diplomatie algérienne a réagi fermement aux accusations du chef de la diplomatie marocaine colportées dans les colonnes du magazine Jeune Afrique. Des accusations gravissimes qui jettent un véritable trouble entre les relations déjà très compliquées entre les deux pays du Maghreb. 

Il faut reconnaître que le chef de la diplomatie marocaine est parti loin, très loin dans ses accusations à l’encontre de l’Algérie. Dans ses déclarations faites à Jeune Afrique, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Maroc, a fait savoir que l’Algérie a apporté une couverture au déploiement du Hezbollah au Maghreb !

« Quant à l’Algérie, elle a donné davantage que sa bénédiction : elle a apporté couverture, ­soutien et appui opérationnel. En plus, certaines réunions entre le Polisario et le Hezbollah se sont tenues dans une « planque » algéroise bien connue des services algériens, concédée en location à une certaine « D. B. », Algérienne mariée à un cadre du Hezbollah, et convertie en agent de liaison du Hezbollah, notamment avec le Polisario », indique le diplomate marocaine qui charge lourdement les autorités algériennes sans se rendre compte de la gravité de la teneur de ses propos.

Dans ce que les observateurs algériens qualifient de délire, Nasser Bourita accuse même l’Algérie de vouloir inciter le Polisario à déclencher une nouvelle lutte armée pour déstabiliser toute la région. « L’Algérie est tentée aujourd’hui de commettre l’erreur stratégique de pousser le Polisario hors des camps de Tindouf, juste pour se dédouaner politiquement et ne plus être pointée comme le pays qui abrite ces séparatistes, au risque de déstabiliser gravement la région, de compromettre définitivement le cessez-le-feu et d’anéantir toute chance de relance du processus politique », affirme à ce propos le chef de la diplomatie marocaine.

Ce dernier ne se fixe aucune limite dans ses attaques lancées contre Alger.  « Permettre l’implication du Hezbollah s’inscrit dans cette même logique de donner l’impression que l’Algérie n’est pas l’unique soutien au Polisario. Heureusement, le Conseil de sécurité a mis un terme à cette stratégie », confie-t-il encore à Jeune Afrique.

Nasser Bourita lance même un avertissement à l’égard de la communauté internationale. A l’entendre, « l’Algérie et le Polisario sont acculés devant la légalité internationale et la dernière résolution du Conseil de sécurité. Tels que nous les connaissons, ils vont certainement créer d’autres problèmes dans la région et au-delà ». Ce dérapage diplomatique inédit n’est pas passé inaperçu. La diplomatie algérienne a réagi pour dénoncer vivement ces propos incroyablement violents, osés et irrationnels.

A cause du ministre marocain, le Maghreb plonge une nouvelle fois dans les tensions fratricides provoquées par la guerre froide la plus absurde de l’histoire contemporaine.