Consultant football pour Algerie Part, Badis Diab, directeur général du cabinet Galactik France à Paris, revient avec nous sur le sélectionneur actuel, Rabah Madjer. Selon lui, l’ancienne vedette du football algérien n’a ni les capacités, ni l’expérience pour mener l’équipe nationale à ses objectifs. Entretien. 

Badis Diab, quel est votre avis sur la nomination de Rabah Madjer au poste de sélectionneur national ?

Mon avis se partage entre une grande déception et un constat d’échec. Une déception car Rabah Madjer n’a plus entraîné depuis bien trop longtemps pour être compétitif à l’heure d’un football moderne devenu de plus en plus tactique où les exigences physiques et comportementales ne sont plus les mêmes qu’auparavant. Connaissez-vous une seule fédération au monde qui nommerai un sélectionneur sans activité depuis 10 ans ?

Par ailleurs, c’est aussi un constat d’échec de la part de Kheireddine Zetchi. Ce dernier a montré qu’il n’avait ni les pleins pouvoirs au sein de sa propre fédération, ni les moyens de faire venir un sélectionneur capable de mener l’Algérie à ses objectifs.

Madjer n’était-il finalement pas le seul choix possible ?

Non je ne pense pas, et même si c’était le cas, on ne choisit pas un sélectionneur par défaut. Il aurait été certainement préférable que l’on fasse confiance à des entraîneurs locaux, un choix qui aurait eu au moins le mérite de permettre à nos entraîneurs d’évoluer sur la scène internationale, comme le font de nombreuses fédérations à travers le monde.

S’il n’y avait vraiment pas le choix, pourquoi n’avons nous pas tenter le pari Amrani ou Charef ? Pourquoi faire revenir aux affaires un coach sans activité depuis une décennie  ? Malheureusement, ce sont des questions sans réponses.

Pourquoi Madjer n’est-il pas l’homme de la situation ?

Dans un premier temps, pour des raisons liées à son manque d’activité, ce qui aux yeux de n’importe quelle fédération au monde aurait été éliminatoire. Dans un second temps pour son manque de résultats positifs en tant qu’entraîneur. Rabah Madjer n’a connu que des résultats décevants, tout d’abord comme sélectionneur de l’Algérie où il a enchaîné des éliminations en phase de qualification au mondial et en phase de poules de Coupe d’Afrique, mais aussi au Qatar où ses résultats furent décevants. Madjer n’a pas su s’imposer ni à travers les résultats, ni à travers la qualité du jeu.

Un entraineur avec autant de mauvais résultas et si peu d’expérience ne correspond pas aux nouvelles aspirations du football Algérien.

En effet, depuis 2009 et sa qualification à Khartoum, l’Algérie est une nation forte du football Africain. Elle fait office de favori à chacun de ses déplacements sur le continent, et devant ce nouveau statut et cette attente devenue de plus en plus grandissante, la fédération aurait dû faire appel à un entraîneur nettement plus qualifié.

Madjer a t-il bénéficié d’un passe-droit ?

La génération de 82 continue d’influencer de près ou de loin le football algérien actuel. La nomination de Madjer et son maintien prouve que son influence aux sein des grandes instances du football Algérien est considérable. La question même de son influence au sein des autorités politiques du pays se posent par la même occasion.

Sa prise de pouvoir n’a rien de rationnel et l’agression verbale dont il a fait preuve envers le journaliste Maâmar Djebbour s’inscrit comme la forme la plus marquante d’un manque de professionnalisme de la part d’un homme qui, pourtant, avait tant fait rêver les Algériens par le passé.

Quelles sont les solutions désormais ?

Les solutions sont claires. Devant l’urgence de la situation qui a valu à l’Algérie de ne pas se qualifier pour le mondial 2018, la fédération algérienne doit rétablir de l’ordre au sein des grandes instances, établir un nouveau projet sur les 10 prochaines années, et par la même occasion, remplacer Rabah Madjer au plus vite afin de se tourner définitivement vers l’avenir.

Devant les prochaines échéances, la fédération doit faire appel à un entraîneur talentueux, connaissant les exigences du football africain, un homme proche de ses joueurs et capable d’emmener l’Algérie, à nouveau, sur la route du succès.