La gestion de nos universités soulève d’énormes inquiétudes. L’amateurisme, l’immobilisme et le manque de compétence deviennent des fléaux majeurs au sein de ces établissements censés former la future élite algérienne. 

Preuve en est, à l’université de Béjaïa, près de 50 mille étudiants, un grand malaise a éclaté entre les enseignants et le rectorat. Algérie Part a obtenu des documents exclusifs qui relatent ce malaise. En effet, Mr Bouhmila Fatah, membre élu et représentant des enseignants de rang magistral au Conseil d’Administration de l’université de Béjaia, a adressé une lettre poignante au ministre de l’Enseignement Supérieur. Une lettre dans laquelle il révèle les graves anomalies concernant l’organisation du conseil d’administration de l’université de Béjaïa prévu le 13 Mai 2018.

« En effet, même si l’invitation porte la date du 29 Avril 2018 pour être tout juste dans les délais réglementaires, il n’en est pas moins que la plupart des membres élus ne l’ont reçue que le dimanche 06 Mai 2018 ce qui est devenu une habitude de l’administration rectorale. Quant à l’ordre du jour qui comporte trois points, l’administration rectorale fait encore une fois de la rétention d’information à la limite méprisante envers les membres dudit conseil depuis son renouvellement en 2017 », dénonce à ce propos le représentant des enseignants de rang magistral de l’université de Béjaïa.

Ce dernier s’indigne également face au bâclage de l’administration de l’Université de Béjaïa, une institution de l’Etat dont le budget annuel avoisine les 5 milliards de dinars, mais qui résume son programme en quelques lignes et un tableau de deux pages  » illisibles » !

Plusieurs autres anomalies ont suscité la colère des enseignants universitaires à Béjaïa. Un site web de l’université inaccessible depuis l’extérieur et ce depuis une semaine,  une location de deux cafétérias au sein de l’Université qui a été décidée dans des conditions opaques, une gestion douteuse la commission des œuvres sociales, bref, rien ne va plus entre les enseignants et le rectorat de cette importante université algérienne. A lumière de ces anomalies, on comprend pourquoi nos universités sont si mal-classées à l’échelle internationale.

Le ministre de l’Enseignement Supérieur devra réagir rapidement pour mettre fin à ce malaise qui risque de compromettre dangereusement la fin de l’année universitaire 2017/2018. Il devra, surtout, diligenter une enquête sur cette gestion peu professionnelle de nos universités qui accusent encore et toujours de graves déficiences.