Depuis 2013, tout un dossier d’enquête gît dans le tiroir du service de la police judiciaire de l’ancien Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Avant sa dissolution en septembre 2013, et puis sa réactivation partielle le 11 juin 2014, ce service avait entamé des investigations sur des pratiques scandaleuses qui avaient entaché la gestion de l’administration des prisons algériennes. 

Selon nos sources, le directeur général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, Mokhtar Felioune, était dans le collimateur des enquêteurs de l’ex-DRS, qui a cédé sa place depuis octobre 2015 au département de Surveillance et de Sécurité (DSS). Ces enquêteurs ont planché sur les marchés conclus entre l’administration financière et plusieurs entreprises chinoises pour construire les nouvelles prisons lancées à partir de 2007.

A cette époque, les autorités algériennes ont décidé de lancer la construction de 13 nouvelles prisons algériennes conformes aux normes mondiales de la détention. Une grande entreprise chinoise a été sélectionnée pour bâtir ces nouvelles prisons lancées dans le cadre du plan d´urgence initié par le président de la République pour mettre fin au surpeuplement des prisons algériennes.

Des soupçons de corruption et de malversation ont été soulevés suite au lancement des chantiers de ces nouvelles prisons. Les enquêteurs du DRS ont tenté d’ausculter ces marchés et les relations établies avec cette entreprise chinoise pour situer le niveau des responsabilités de Mokhtar Felioune et de ses hauts cadres comme Ayad Abdelkhader ou Riyad Hamidouche.

Les enquêteurs de l’ancienne police judiciaire du DRS ont investigué également sur la gestion des prisons algériennes. Ils auraient découvert, selon nos sources, d’étranges pratiques comme ce fut le cas à la célèbre prison d’El-Harrach où des détenus VIP recevaient un traitement de faveur personnalité leur permettant de transformer leur détention en un séjour agréable !

Malheureusement, cette enquête n’a jamais abouti et ses conclusions n’ont jamais été transmises aux autorités judiciaires. Le dossier a été étrangement enterré suite aux restructurations accomplies au sein du DRS. Et personne ne semble vouloir déterrer cette enquête dérangeante qui en dit tellement long sur la gestion opaque de nos prisons. Affaire à suivre…