Créée en 1902, British American Tobacco (BAT) est une société basée à Londres au Royaume-Uni, elle est considérée comme étant le deuxième plus grand producteur de tabac et de cigarettes dans le monde avec près de 23 Milliards d’Euros de chiffre d’affaire en 2017.

BAT, qui commercialise les cigarettes de marques : Dunhill, Lucky Strike, Kent… est présente en Algérie depuis 2005 à travers une filiale : British American Tobacco Algérie SPA.

Au début du mois d’Avril 2018, un courriel arrive sur l’Email d’Ivan GOMEZ, Directeur du Service Juridique de British American Tobacco à Londres, en charge de la région Europe et Afrique du Nord.

L’auteur de ce mail, rédigé en anglais, a affirmé détenir des preuves formelles de corruption concernant la filiale de BAT en Algérie.

Dans ce mail, l’auteur dénonce les pratiques peu orthodoxes de l’actuel Directeur Commercial de BAT, Mr Karim Shokry.

L’ancien PDG de BAT Algérie, Mr Baghdad Bassem a été remplacé par Mr David Jorge, qui ne connait malheureusement rien des pratiques occultes, mises en place par son Directeur Commercial affirme la même source.

La commercialisation, sur l’ensemble du territoire national, des produits de BAT Algérie repose sur un réseau de distributeurs professionnels et efficaces.

Selon nos sources, il y a quelques mois, BAT Algérie à travers son Directeur Commercial, Karim Shokry, avait décidé d’agréer un nouveau distributeur.

Des règles strictes balisent le choix de distributeurs chez BAT, du nombre de véhicules à posséder à la solidité et capacités financières, en passant par l’organisation et l’expérience des gestionnaires de l’entreprise de distribution, rien n’est laissé au hasard et les critères de sélections sont sévères.

Karim Shokri a choisi comme partenaire-distributeur l’entreprise Sarl S Distribution, dont le gérant est Mr Boucherma Toufik.

Pourtant cette entreprise sans ne possède aucune expérience puisque créée que très récemment, plus exactement le 24 Février 2018.

La société ne pouvait manifestement pas répondre aux critères imposés par le groupe BAT quant à la distribution de ses produits.

Inconnu sur le terrain, et sans aucune expérience dans la distribution du tabac en particulier, ce choix nous a paru surprenant et cela a été conforté par la perturbation des approvisionnements que nous avons vécus’’ affirment les détaillants que nous avons approché.

L’auteur du mail transmis à BAT Londres, affirme que Shokry Karim ‘’reçoit à la fin de chaque semaine, des dessous de table, donc de l’argent en sous-main, de la part de ce nouveau distributeur afin de lui permettre de s’approvisionner avec pas moins de 500 cartons de cigarettes\ jours…’’

Il affirme avoir les noms de témoins détenant une preuve irréfutable quant à ces actes de corruption…

Le même auteur affirme enfin qu’il détient des informations précises sur les relations commerciales compromettantes à l’Ouest de l’Algérie, liant BAT Algérie avec des proches de militaires et de hauts fonctionnaires dans ce juteux business, qu’il s’apprête à transmettre à la presse.

Le 11 Avril dernier à 18h 21, le lanceur d’alerte reçoit de la part S.Richard, du prestigieux cabinet juridique Slaughter and May, un Email portant la mention confidentiel que nous avons pu consulter.

Il y est dit en substance qu’Ivan Gomez de BAT a chargé l’entreprise employant S.Richard, de mener une enquête selon les procédures internes établies au sein de BAT concernant les dénonciations de corruption par des lanceurs d’alerte.

Le Cabinet Slaughter and May a entamé une enquête approfondie et a transmis un questionnaire complet et précis à la source du mail de dénonciation.

Aussitôt l’information reçue, le Serious Fraud Office (SFO), organisme anti-corruption britannique, est saisi et ouvre une enquête sur des suspicions de fraudes et de corruption qui concernent BAT, ses filiales et les personnes qui y sont associées

Pris de panique, la première réaction de Karim Shokri pour se protéger a été de cesser la relation commerciale avec la Sarl S Distribution.

Il aurait immédiatement après cela, selon certaines sources, désigné un bouc émissaire en interne pour le rendre coupable du choix de l’indélicat distributeur et aurait procédé à son licenciement…

La personne en question était, selon nos informations, sous la coupe de Karim Shokry, et celui-ci ne pouvait ignorer que le distributeur choisi ne remplissait pas les critères préalablement arrêtés par BAT…

Ce que n’ignorent certainement pas les responsables de BAT Algérie, c’est que le SFO ne suspendra pas ses investigations une fois celles-ci entamées, cet organisme tentera par tous les moyens d’identifier les flux d’argent entre Karim Shokri et le distributeur éphémère, comme dénoncé par le lanceur d’alerte.

Mais cet organisme arrivera-t-il à identifier quelles sont les hautes pointures du gouvernement et du monde des affaires, pointées du doigt par le même dénonciateur, avec lesquelles aurait traité de manière suspecte BAT Algérie ?

Nous vous informerons des suites de cette rebondissante affaire dans nos prochaines éditions.