Ce n’était donc qu’une pure utopie. Le géant de l’industrie pharmaceutique la firme anglo-suédoise AstraZeneca a décidé depuis février 2018 de fermer son bureau de liaison à Alger qui officie dans notre pays depuis 2007. 

Les 140 employés de cette multinationale spécialisée dans les traitements des maladies cardiovasculaires et métaboliques, respiratoire, oncologie, neurosciences, maladies inflammatoires et auto-immunes, infectiologie et vaccins, ont été invités à choisir entre deux options pour leur avenir : rejoindre un prestataire local appelé Clinica Algérie ou prendre des indemnités calculées sur la base d’un mois de salaire pour chaque année d’ancienneté.

Les employés d’AstraZeneca sont bouleversés et choqués par une telle fin catastrophique. Au cours de toutes ces années, ils ont durement travaillé pour imposer les produits de leur laboratoire fétiche sur le marché algérien. Désarçonnés par cette décision brutale qui ressemble à un plan social déguisé, ils ont réclamé des explications à leur hiérarchie. Celle-ci refuse de leur fournir des éclaircissements convaincants et se contentent de leur dire que le ministère du Commerce n’a pas encore accepté de leur délivrer un agrément ou une autorisation qui leur permet de continuer de travailler en Algérie dans le cadre réglementaire d’un bureau de liaison d’une compagnie étrangère.

Cette version des faits suscite de nombreuses interrogations car AstraZeneca développait de grands projets pour l’Algérie. Des annonces officielles ont été faites à de nombreuses reprises.

En juillet 2015, AstraZeneca avait annoncé qu’elle va réaliser une usine de production de médicaments en Algérie, un projet de 125 millions de dollars, en partenariat avec les groupes algériens Salhi et Hasnaoui. L’accord portant sur ce partenariat a été même signé entre les partenaires au niveau du siège du ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière.

Cette unité devait s’inscrire dans le cadre de la règle 51/49 et elle aurait dû être opérationnelle en octobre 2015 après aménagement de la plateforme dans la région industrielle de Rouïba (Est d’Alger). Rien de cela n’a été concrétisé et le projet n’a jamais dépassé le stade de l’annonce fantaisiste.

Une fantaisie qui ternit dangereusement l’image de l’Algérie. Algérie Part va poursuivre ses investigations pour dévoiler les dessous de ce départ troublant d’un grand laboratoire européen de notre pays.