Monsieur le Directeur,

Suite aux déférentes réclamations reçues, nous vous adressons le présent courrier pour vous demander des explications.

Retard répétitif :

Prenons le dernier cas que nous avons reçu, la traversée Alger->Marseille du 25-04-2018. Sur les billets, le départ était prévu le 25/04/2018 à 12h00, alors que le bateau est parti le 27/04/2018 à 02h du matin.

38 heures de retard ! Franchement, vous avez battu les records des compagnies aériennes et maritimes algériennes (Algérie Ferries, d’Air Algérie et Tassili Airlines) !

Ce retard, peut être présenté différemment et vu à la baisse (31h45 en calculant la différence entre l’arrivée  prévu  « le 26/04/2018 à 14h30 » et l’arrivée du bateau « le 27/04/2018 à 22h15 du matin ») grâce  à la magouille de gonflage de la durée de la traversée sur les billets que vous pratiquez depuis des mois en ajoutant une marge de plus de 6 heures à la traversée pour que les passagers ne réclament pas leurs droits selon le règlement européen N 1177/2010 applicable pour toutes les compagnies du transport maritime (y compris Algérie Ferries) et au départ de tous les ports (y compris les ports algériens) :

– 3 heures de retard ==> Indemnité de retard = 25 % du billet

– 6 heures de retard ==> Indemnité de retard = 50 % du billet

Certes, vous avez essayé de prévenir vos passagers par téléphone. Cependant, ceux que vous n’avez pas pu joindre, vous leur avait donné 4000 DA (l’équivalent de 28€) comme prise en charge.  Qu’est-ce qu’on peut faire avec cette somme minuscule ? Et en plus à Alger ! Par exemple, à l’aéroport d’Alger, où la restauration a été octroyée à une caste qui s’aligne sur les prix, vous ne pourriez même pas payer avec cette somme un petit-déjeuner pour deux personnes.

Gonflage de la durée de traversée :

La durée moyenne de la traverse Marseille->Alger est de 18 heures. Or, nous avons constaté à plusieurs reprises que vous mettez systématiquement sur vos billets une durée de plus de 26h pour éviter de rembourser les passagers en cas de retard inférieur ou égale a 6 heures.

Rien que la traversée du 25/04/2018, le bateau est parti le 27/04 à 02h du matin et est arrivée le 27/04 à 22h15 (Comme le prouve votre attestation de retard ci-jointe), donc vous n’avez mis que 20h !

Déresponsabilisation des retards répétitifs :

Nous avons appris que vous ne délivrez pas systématiquement un certificat de retard et quand vous le faites, vous rajouté oralement l’argument “ça vient pas de nous” (en faisant allusion à la douane algérienne qui fait traîner les passagers en multipliant les contrôles afin de les pousser à donner du bakchich pour y passer). Ce prétexte n’est pas valable pour les passagers. Accepterez-vous qu’un client vous paye que la moitié du billet en vous présentant un argument du genre : ma société ne m’a pas payé ? La réponse est NON.

En tant que clients, ça ne nous regarde pas ces arguments. Pour qui vous prenez les passagers algériens ? Vous faites la même chose avec vos passagers européens sur des traversées comme Marseille->Corse ?

Pourquoi vous imitez les compagnies algériennes dites “Nationales” (Algérie Ferries, Air Algérie et Tassili Airlines) qui méprisent leurs passagers algériens et sucent leur sang en plus avec des prix exorbitants ?

Nous vous invitons à remonter vos doléances aux autorités algériennes qui prétendent développer le tourisme, ainsi qu’aux autorités françaises qui glorifie l’alacrité qui règne dans tous les secteurs en Algérie (Nous vous rappelons que l’intervention de l’ancien premier ministre français, Emmanuel Valls, avait permis à la compagnie française Aigle Azur de récupérer son argent bloqué en Algérie).

Nous souhaitons de vous rencontrer afin d’avoir des réponses à toutes ces questions et d’engager des actions afin d’éviter la reproduction de ces mésaventures.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur, nos sincères salutations.

                                                       Pour le Collectif Contre la Cherté des Transports vers l’Algérie –  CCTA

Salah HADJAB

Une copie de ce courrier est envoyée : 

  • A la direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM)
  • A l’Organisation Maritime Internationale (IMO)
  • Aux ministres des transports algériens et français. 
  • Aux médias