Nous avions dans une précédente publication annoncé qu’Algérie Part allait revenir en détail sur « l’histoire » du cheval offert en 2016 par la famille Metidji au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika.  Il ressort aujourd’hui de nos investigations que le cheval offert par la famille Metidji au Président de la République n’a pas été payé par les deniers publics de la fédération équestre algérienne (FEA) puisqu’il provient bel et bien du Haras privé de la famille Metidji. Notre enquête. 
Algérie Part a consulté des documents démontrant que ce cadeau n’a nullement été financé par l’argent du contribuable algérien. Nous avons constaté également au cours de nos investigations que le cheval offert à Abdelaziz Bouteflika est bel et bien né en Algérie et ne provient nullement de France.

Après avoir été amicalement convié par M’hamed Zoubir Metidji, nous avons pu visiter le haras Houcine Metidji à Mostaganem où nous avons pu consulter le certificat d’origine de DEWANE D’HEM, le cheval offert au Chef de l’Etat. Sérié sous le numéro 13357359F, le  cheval en question est né en Algérie le 17 juin 2013 dans le Haras Metidji, le certificat d’origine ayant  été délivré le 20 avril 2016.

Dans une précédente investigation, nous avions évoqué un document faisant ressortir que  dans le chapitre « acquisition de juments et chevaux de compétitions »,  2.033.000,00 DA ont été consommés durant l’exercice 2016. Cette somme d’argent serait-elle, comme soutient la source qui nous a fourni ce document, celle qui a servi à l’achat du cheval que la Famille de l’industriel a offert, en son nom,  au Chef  de l’Etat ?
 A la Fédération Équestre Algérienne (FEA), une source autorisée nous affirme que la somme en question (2.033.000,00 dinars)  a servi «au financement de l’édition d’un ouvrage sur la Fantasia » et aucunement à l’acquisition d’un bien quelconque et encore moins un cheval. Une affirmation confirmée dans l’attestation du commissaire au compte de la fédération. Hamouda Abdelouhab, qui se basant sur les audits des 2 mandats,  certifie que la FEA n’a acheté aucun cheval.
Cette même attestation, datée du 04 septembre 2017, précise que l’enveloppe allouée au chapitre  « acquisition de juments et chevaux de compétitions » a fait l’objet  d’un transfert vers la rubrique « financement de l’édition d’un ouvrage sur la Fantasia » conformément aux procédures d’usages.
“Une procédure tout à fait légale”, affirme une autre source autorisée au ministère de la jeunesse et des sports à laquelle nous avons demandé s’il était permis d’utiliser l’enveloppe d’un chapitre pour une autre opération .
Cette même source affirme que ce genre de transfert de crédit ne peut se faire sans autorisation préalable  et formelle du ministère et sous certaines conditions.
En effet, en date du 04 novembre 2014, la direction des Etablissements de la vie associative et de l’éthique sportive, dépendant de la direction générale des sports du MJS  répond favorablement à la demande de transfert d’un crédit déposée le 29 septembre 2014 par la FEA.
La  fédération a été ainsi autorisée à transférer la somme de 18.000.000, 00 DA figurant comme reliquat d’une subvention de l’exercice 2010 non consommée , sous le chapitre «acquisition de juments et chevaux de compétitions » vers une rubrique intitulée «financement de l’édition d’un ouvrage sur la Fantasia », relève-t-on dans l’autorisation du ministère, dont nous détenons une copie, et  qui rappelle qu’il y a lieu de restituer le montant transféré à sa destination une fois l’opération finalisée comme l’a précisé la fédération dans sa demande de transfert.
Mais alors pourquoi la fédération n’a-t-elle pas, pour éviter tout équivoque, changer l’intitulé de l’opération ? “Elle n’a pas le droit ! S’agissant d’une opération déjà chapitrée  initialement dans le contrat programme, auquel cas il aurait fallu modifier le contrat programme et établir un avenant”,  répond sans ambages notre interlocuteur.
D’après ce dernier, le plus important est que la tutelle a marqué son accord pour le transfert de ce crédit tout en précisant qu’il ne peut y avoir « d’équivoque pour les membres de l’Assemblé générale de la fédération et de  l’administration de tutelle, puisque  tout le monde connait la procédure et les conditions d’un transfert de crédit et de son remboursement. »
“La fédération a-t-elle remboursée cette somme ?”, s’est-on encore interrogé.
Au Caroubier,  siège de la FEA, on soutient qu’il ne reste plus que « 3183000 Da » pour rembourser totalement le crédit.
«Nous remboursons grâce aux recettes générées par la vente de cette ouvrage dans ses 2 versions luxe et grand public. » Nous précise-t-on avant de rappeler que les pouvoirs publics encouragent  les fédérations à trouver des financements alternatifs aux subventions qui leurs sont allouées par l’Etat. C’est, d’ailleurs, dans ce cadre-là que le projet du livre a été initié, assure un responsable de la FEA. “En plus de drainer de l’argent, il contribue à entretenir la mémoire en racontant un pan de l’histoire des origines du cheval algérien et de notre culture”, poursuit enfin notre source.
Soulignons en dernier lieu que la famille Metidji a engagé des poursuites judiciaires à l’encontre des personnes à l’origine de ces allégations mensongères qui lui portent préjudice.