Rachid Nekkaz a déclaré à l’opinion publique, dans plusieurs de ses vidéos postées les 03 et 12 avril 2018 et consultables sur sa page Facebook, être fiché S et ”terroriste’’ selon lui.

Dans ces vidéos, on voit effectivement Nekkaz filmer son arrivée à la police des frontières et le contrôle de son passeport prendre une durée bien plus longue que celle habituellement admise.

La fiche S (S pour sûreté de l’Etat), principalement produite par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), est une catégorie du fichier des personnes recherchées (FPR).

Chacune des 21 catégories possède une nomenclature, sous la forme d’une lettre : IT pour l’interdiction du territoire, J et PJ pour les recherches de police judiciaire, T pour les débiteurs envers le Trésor…etc…

La fiche S peut être donc établie si une personne est soupçonnée de terrorisme, ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat, mais également pour un immigré clandestin, une personne disparue, ou une personne qui fait l’objet d’une interdiction de sortie de territoire, et à une personne qui doit de l’argent à l’Etat….

Il faut savoir que le fichage le plus courant est celui qui a trait à une décision judiciaire, administrative ou fiscale. Etre fiché S ne signifie nullement être fiché terroriste !

Pourquoi donc Mr Nekkaz accuse-t-il l’Algérie d’être derrière un prétendu fichage pour terrorisme ?

Pourtant, le 13 avril dernier, il avait été convoqué à 10 heures par la police française au niveau du commissariat de Choisy le Roy pour répondre à une affaire de fraude fiscale.

D’autre part, un huissier de justice avait également remis une convocation de comparution à Mr Nekkaz suite au dépôt d’une assignation en référé devant la Présidente du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nanterre.

L’ordonnance du 13 Juillet 2017 de la Présidente TGI de Nanterre demandait à Mr Nekkaz de supprimer l’adresse de Mr et Madame Nacim Ould Kaddour des réseaux sociaux, sous peine d’une amende de 2000 euros par jour de retard et 2000 euros pour chaque infraction constatée, et 10.000 euros pour préjudice moral.

N’ayant pas respecté cette ordonnance et après avoir été débouté de son appel de la première ordonnance par la cour de Versailles le 21 Décembre 2017, Mr Nekkaz est informé le 17 Janvier 2018, que le TGI le condamnait à 86.000 euros et au doublement de l’amende journalière qui passe de 2000 euros à 4000 euros par jour de retard.

Le 26 Mars 2018, un nouveau constat d’huissier précise que Mr Nekkaz a ignoré les obligations de l’ordonnance émanant de la Justice française, et que celui-ci tente, de mauvaise foi, de se soustraire à cette obligation en donnant des adresses ou il n’habite pas, afin de rendre encore plus difficile l’exécution des décisions.

Suite à cela il a été demandé à la Justice de condamner Mr Nekkaz pour la période du 2 septembre 2017 au 20 janvier 2018 à la somme de 280 000 euros pour la période du 21 janvier 2018 au 26 mars 2018 à la somme de 256 000 euros soit 536 000 euros d’amende !

Nekkaz n’est-il donc pas simplement fiché pour ne pas avoir répondu à ses obligations d’ordre judiciaire et fiscale ?

Comment espère-il être encore crédible dès lors qu’il ne respecte ni la Justice, ni la fonction présidentielle en Algérie, qu’il vise pourtant, lui qui a déclaré à maintes fois que le Président de la République algérienne serait mort ?

A trop vouloir manipuler ses supporters en se faisant passer pour une victime, le risque est grand de le voir se décrédibiliser au vu des réalités et des faits qui lui sont reprochés.