Enfin une bonne nouvelle pour l’Algérie ! En ces temps moroses marqués par les conséquences néfastes de la crise financière qui touche le pays depuis 2015, Sonatrach, le coeur battant de l’Algérie, son poumon économique, annonce des résultats financiers positifs. 

Preuve en est, le chiffre d’affaires à l’exportation a dépassé les 33 milliards de dollars au cours de l’année 2017. Ce qui représente une croissance de près de 20 % par rapport à l’année 2016, une année catastrophique marquée par la chute des revenus en devises des hydrocarbures en Algérie.

Cette croissance soutenue s’explique, certes, par une augmentation des prix du baril de pétrole, mais elle tient aussi ses origines des nouveaux changements apportés au management de Sonatrach depuis l’arrivée en mars 2017 d’Abdelmoumen Ould Kaddour à la tête de la direction générale. Des changements qui se sont traduits par une réduction drastique de la hiérarchie ainsi qu’une réorganisation de plusieurs filiales de Sonatrach en décentralisant leur gestion tout en optant pour une réduction des risques financiers.

Ces nouvelles mesures ont réduit le grand malaise qui régnait au sein de Sonatrach depuis 2013, date à laquelle le scandale de corruption Sonatrach 2 a pris une dimension internationale avec l’enclenchement d’une affaire judiciaire au niveau du tribunal de Milan en Italie.

La relance des exportations de Sonatrach a permis au Trésor Public de récupérer l’équivalent de 22 milliards de dollars. Un gain inespéré en cette période de disette financière. En effet, Sonatrach a versé au trésor public pas moins de 2228 de milliards de Da au titre de la fiscalité pétrolière. Ce qui représente une croissance budgétaire de 20 % par rapport à l’année 2016.

Cette contribution financière a été rendue possible par la bonne performance des exportations de Sonatrach. L’année 2017 ne fut donc pas  aussi difficile pour l’Algérie même si elle confirme encore une fois sa grande dépendance vis-à-vis d’un seul et unique groupe : Sonatrach. 2018 sera-t-elle aussi positive que 2017 ? La poursuite des réformes actuelles par la direction générale de la société nationale des hydrocarbures laisse espérer le meilleur en dépit de la baisse de la production pétrolière algérienne d’environ 50 mille barils par jour en raison des restrictions imposées par l’accord de l’OPEP signé à Alger en décembre 2016.

Cependant, les équilibres budgétaires de l’Algérie demeurent menacés en raison de cette trop grande dépendance vis-à-vis d’un seul et unique opérateur économique. Et la voie de la diversification économique ne semble pas être encore libre…