L’Algérie, un pays pétrolier et rentier qui néglige dangereusement ses richesses minières. Fer, phosphate, l’Algérie dispose de plusieurs mines très riches en matières premières qu’elle pourrait explorer pour tirer de nouvelles recettes en devises. Malheureusement, ces projets sont ralentis et bloqués en raison du très mauvais management exécuté par des fonctionnaires bureaucrates dépassés par les enjeux de l’économie moderne. 

Dans le secteur des mines, le roi de ces fonctionnaires nonchalants et mous s’appelle Miloud Louhichi. Ce dirigeant est âgé de plus de 65 ans et continue, en dépit de son âge avancé, de régner sur ASMIDAL, le Groupe Industriel Engrais et Produits Phytosanitaires, une entreprise publique stratégique qui gère plusieurs filiales comme ALPHYT, Wood Group Somias, une société par actions au capital social de 70 000 000 DA, spécialisée dans la maintenance et le montage industriels et détenue à 45 % par ASMIDAL et 55% par la société écossaise Wood Group PSN, ou FERTIAL Spa, société des fertilisants d’Algérie.

Des entreprises qui se distinguent par une faible productivité économique en dépit de leur créneau qui offre de nombreux débouchés.  ASMIDAL cause, en réalité, problème à l’Etat algérien depuis des années. Naguère affiliée à Sonatrach et placée sous la tutelle du ministère de l’Energie, elle a été affectée au ministère de l’Industrie sous l’ère d’Abdesslam Bouchouareb en 2015. Ensuite, en octobre 2017, lorsque de vives tensions opposaient Ahmed Ouyahia à Youcef Yousfi, ministre de l’Industrie, le Conseil des Participations de l’État (CPE), a décidé de replacer ASMIDAL dans le giron du groupe Sonatrach.

Mais ces transformations incessantes n’ont rien apporté de nouveau et, surtout, de concret. Les plus gros projets dans le secteur des engrais ou des mines sont à l’arrêt ou connaissent des rebondissements insensés. A titre d’exemple, en juillet 2016, un projet ambitieux a été promis par un accord signé entre Asmidal et Manal, le groupe industriel minier dénommé “Manadjim El Djazaïr”, avec le groupe indonésien Indorama Corporation pour l’exploitation du phosphate dans une mine à Tébessa à l’est du pays. Une année plus tard, ce projet a été suspendu en raison des doutes soulevés par le choix du partenaire indonésien. Des soupçons de corruption ont été évoqués et des malversations financières entourent ce projet qui est tombé à l’eau.

Auparavant, un influent conglomérat jordano-américain Home Sinclar a négocié pendant longtemps avec ASMIDAL et Manal pour réaliser des projets dans les mines algériennes. Ce groupe avait même proposé d’apporter 85 % des financements nécessaires pour bâtir un projet dans l’ammoniac et le phosphate d’une valeur de 1,2 milliard de dollars à Hadjar Soud. Ce conglomérat avait même réussi à décrocher des marchés importants en Inde pour commercialiser la production des mines et usines algériennes. Malheureusement, les négociations ont connu des blocages qui demeurent mystérieux jusqu’à aujourd’hui encore.

Et malgré tous ces échecs, des hauts responsables comme Miloud Louhichi n’ont jamais rendu des comptes. Le patron indéboulonnable d’ASMIDAL n’a jamais été inquiété en dépit de ce bilan très inquiétant. Mais pourquoi une telle impunité ? Au cours de toutes ces longues années de « pouvoir », Miloud Louhichi s’est entouré d’un véritable réseau d’influence. Son beau-frère est le général Mohamed Metlaoui, l’un des hauts responsables les plus influents du ministère de la Défense Nationale. Le député controversé Tliba Baha Eddine est l’un de ses plus fidèles et proches amis. Miloud Louhichi est également le protégé de Youcef Yousfi, l’un des plus vieux ministres et hauts responsables de l’Etat algérien.

A ASMIDAL, plusieurs parents des dirigeants politiques ont été recrutés, choyés et sur-payés. Une pratique qui a conféré à Miloud Louhichi un pouvoir d’influence qui lui garantit une certaine impunité. Mais jusqu’à quand ?