“On a rompu mon contrat de travail juste parce que j’ai soutenu mon collègue malade. De faux rapports ont été établis à mon encontre parce que j’ai dit que la radio n’a rien fait pour mon confrère malade”. C’est avec ces mots prononcés sur un ton très amer que Nadia Bourabha raconte le triste sort qui lui a été réservé par la radio locale de la ville d’Ouargla. 

Jeune journaliste âgée d’à peine 26 ans, titulaire d’un master en communication audiovisuelle, major de promotion à deux reprises, elle a exercé dans la radio locale d’Ouargla depuis plus de 4 ans, à partir de février 2015, dans le cadre des contrats d’insertion de l’ANEM. Dévouée et professionnelle en dépit de son salaire très dérisoire et indigne de son statut,  Nadia a été récemment licenciée pour avoir contribué a l’évacuation de son confrère victime d’une terrible malade Lazhar Serokane vers le CHU Mustapha Bacha à Alger. 

Le tort de Nadia est d’avoir dénoncé publiquement l’indifférence des responsables de la radio d’Ouargla vis-à-vis de la précarité de son collègue hospitalisé pour une très grave maladie.

Après deux mois de pression, d’humiliation et de menace de licenciement de la part du directeur, du syndicaliste et quelques agents de la radio locale, la journaliste Nadia Bourabha a été illégalement et abusivement écartée de son poste, un mois seulement après la signature de la lettre de prolongation du contrat dans le cadre d’un prolongement d’une année par l’ANEM.

Nadia Bourabha est accusée d’avoir arrangé une interview avec le quotidien Echorouk dans laquelle Lazhar Serokane dénonce l’attitude désinvolte et l’absence de solidarité des responsables de la radio d’Ouargla. Des responsables qui ne cessent d’alimenter la controverse en raison de leur comportement indécent au moment où l’un de leurs collègues est entre la vie et la mort sur un lit d’hôpital.

Pour étouffer cette polémique, le directeur de la radio locale d’Ouargla  a cru bien faire en mettant fin au contrat de Nadia sous prétexte que sa présence créé “une situation susceptible de nuire à la qualité de travail de la rédaction”. Selon plusieurs sources locales, toute une machination a été mise en branle pour jeter le discrédit sur cette jeune journaliste dans le seul but de la faire passer pour une indisciplinée instable.  Nadia ne peut désormais plus avoir un autre contrat de travail via l’ANEM et  sa carrière est condamnée. Triste et révoltant à quelques jours de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai prochain.