Il n’y a pas d’économie sans confiance. Or, beaucoup ne comprennent pas l’importance de ces facteurs de production soft (la culture, la confiance et le savoir-faire) pour accompagner les facteurs de production traditionnels, c’est-à-dire le travail et le capital investi.

L’Algérie est un cas concret de ces pays qui disposent de facteurs de production hard mais qui n’arrive pas à produire suffisamment. Ce qui manque à l’économie Algérienne, c’est la confiance : entre le gouvernement, les citoyens, les entreprises locales et étrangères.

Nous pouvons constater trois éléments qui perturbent cette confiance chez les investisseurs et les consommateurs :

D’abord, l’instabilité politique et économique, bien qu’on dispose d’un coût de production très bas et d’une considérable concentration des matières premières, les investisseurs nationaux et internationaux ne s’engagent pas assez chez nous à cause de ces diverses instabilités. Je peux citer deux exemples pour illustrer mon propos : primo, la dévaluation du dinar, qui voudra garder son capital dans une monnaie qui peut perdre 30% de sa valeur en une année ?!

Secondo, l’interdiction de certains produits indisponibles localement à l’importation. Cette mesure freine les investisseurs étrangers et locaux car à entreprendre à cause de ces mesures conjoncturelles. Une remontée du prix du baril, provoquera facilement la réouverture du marché.

Enfin, le plus impacté de ces mesures protectionnistes, c’est évidemment le consommateur final qui doit payer plus cher des produits à un niveau de qualité inférieur.

Le deuxième élément qui menace la confiance est le prix ; lorsqu’une économie telle que la nôtre ne dispose pas de prix réels, nous ne pouvons pas évaluer la pertinence du marché, nos prix sont maquillés par des ajustements comptables, politiques, fiscaux ou par des subventions.

Troisième élément, c’est la liberté économique et une gestion plus équitable entre acteurs économiques, c’est-à-dire qu’on ne doit pas avoir un droit public et un autre pour le privé, nous devons mettre sur les mêmes échelles les entreprises privées et publiques. Et enfin, donner plus de liberté pour les entrepreneurs, car ce sont eux qui savent créer de la richesse et contribuent de manière substantielle à la croissance économique.

La confiance en économie se construit progressivement et à long terme mais se perd très rapidement. C’est pour cela que je pense que la première réforme qu’on devrait émettre pour faire sortir l’Algérie de la crise, c’est de favoriser des mesures qui encouragent l’entrepreneur local et non pas la multiplication des barrières à l’enter pour investisseurs étrangers.

L’investisseur algérien a plutôt besoin un climat des affaires favorable à innover car je suis persuadé que ce n’est pas la concurrence internationale ou locale qui freine l’initiative de l’entrepreneur Algérien mais plutôt un ensemble de blocages administratifs, bancaires, ainsi que manque de confiance dans le marché dont certaines raisons, citées ci-dessus.

Par Nassim BELOUAR, économiste et Blogueur : www.nassimbelouar.com