Au moment où les artistes algériens subissent la misère sociale et les conditions les plus défavorables pour exercer leur art et s’épanouir dans leur propre pays sans se forcer à l’exil, des institutions culturelles dilapident de l’argent public à cause d’une gestion opaque et chaotique. 

C’est du moins ce qui vient d’arriver à l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA) impliqué en ce moment dans plusieurs troublantes affaires financières passées sous silence par les autorités publiques. Cet organisme qui a pour mission la protection des œuvres du Patrimoine culturel traditionnel et des œuvres nationales tombées dans le domaine public ainsi que la protection sociale des auteurs et des Artistes interprètes ou exécutants, gère ses budgets de façon très étrange.

Preuve en est, l’ONDA vient de finaliser l’achat d’un nouveau siège à Didouche Mourad pour plus de 170 milliards de centimes alors qu’il a un siège imposant à Bologhine. Avec cette somme considérable, l’ONDA aurait pu financer les artistes et payer leur droits. Un placement nettement plus productif que l’achat d’un nouveau siège flambant neuf notamment en cette période de crise financière.

Au moment où l’ensemble de l’Etat algérien est contraint à la rigueur dans l’optique de faire des économies, Samir Bencheikh, directeur général de l’ONDA, consent à des dépenses très onéreuses qui soulèvent de nombreuses interrogations. A titre d’exemple, le 31 mars dernier, il a organisé une soirée parisienne au célèbre Cabaret Sauvage où il a réuni les artistes algériens installés en France et au lieu de leur confier l’animation musicale de la soirée, il a ramené des chanteurs établis en Algérie avec tous les coûts supplémentaires causés et grassement assumés par l’ONDA.

Une lubie que l’ONDA aurait pu éviter en ces temps durs où l’argent public doit être économisé et géré très rationnellement.

Mieux encore, l’ONDA a financé récemment la participation de l’Algérie à la 49e édition du Salon international du livre du Caire. Notre pays était l’invité d’honneur. L’ONDA a couvert également les frais de la participation algérienne au Salon de livre de Tunis. Or, d’après nos investigations, l’ONDA a financé ces opérations, à savoir le transport et séjour de dizaines d’éditeurs sur des fonds qui appartiennent aux… artistes. Est-ce judicieux ? Est-ce moral ?

Ces questions, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi devrait les traiter sérieusement et nous fournir des réponses précises car l’argent public de son secteur appartient, d’abord et avant-tout, à tous les Algériens.