L’organisation non-gouvernementale, Reporters sans Frontières, RSF, a rendu public son rapport annuel sur la situation de la presse dans le monde. Le document, rendu public chaque année, classe l’Algérie à la 136ème place. Notre pays a reculé de 2 positions par rapport à l’année dernière.

Dans son document, RSF a expliqué que «en Algérie, les lignes rouges sont nombreuses et le simple fait d’évoquer des sujets tels que la corruption ou la santé du président peut valoir aux journalistes leur lot de menaces, de cyber-harcèlement et d’interpellations ». Or, jusqu’à présent, aucun journaliste n’a été emprisonné pour avoir écrit un article sur la santé du président de la République dont les médias parlent ouvertement.

Le plus étonnant dans ce document est que l’Algérie est logée à la même enseigne que des pays comme le Maroc. Notre voisin de l’ouest est légèrement mieux classé que nous. Pourtant, au Maroc, il n’y a pratiquement pas de presse. Il n’y a plus de médias critiques, ni de télévisions privées.

Plus globalement, le document précise qu’en «Afrique du Nord, des cadres législatifs restrictifs, des entraves à l’exercice du journalisme sur le terrain, en particulier lors des manifestations, et les nombreux sujets tabous sont autant de contraintes qui empêchent les journalistes de remplir pleinement leur rôle et d’assurer une information indépendante, plurielle et libre ».

«Au Maroc comme en Algérie, des journalistes continuent d’être condamnés à des peines de prison ferme […] En Algérie, le journaliste Saïd Chitour, arrêté en juin par la police sur des soupçons d’espionnage et de vente à des diplomates étrangers de documents classés secret, est toujours dans l’attente de son jugement. D’après nos dernières informations, son état de santé est extrêmement préoccupant », ajoute le document.

En Afrique du Nord, la Tunisie est mieux classée puisqu’elle se trouve à la 97èmeplace du classement.