Un énorme malaise est à l’origine d’un véritable climat de tension au sein d’Algérie Poste, l’une des institutions et entreprises publiques les plus importantes en Algérie.  Algérie Part a obtenu des documents exclusifs qui démontrent la colère des représentants des travailleurs d’Algérie Poste face à la gestion très opaques des finances de leur entreprise. 

En effet, nous avons obtenu des correspondances adressées par Omrane Salem, Secrétaire générale de la Fédération nationale des travailleurs de la PTTN (Poste, télécommunications, technologies et numérique), au président de la commission électorale de l’entreprise (CEE) et aux représentants des commissions locales de wilayas pour dénoncer une amputation des candidatures de plusieurs délégués syndicaux de cette organisation affiliée à l’UGTA.

Selon nos investigations, ces candidatures rejetées par les instances d’Algérie Poste vise à empêcher l’élection de délégués de la PTTN au sein du Comité de Participation d’Algérie Poste. La direction générale d’Algérie Poste est soupçonnée de vouloir verrouiller ces élections pour placer au sein du Comité de Participation les personnes qui lui sont fidèles et favorables. L’enjeu est stratégique car le Comité de Participation est l’organisme qui contrôle et surveille la gestion des finances d’une entreprise publique.

Et il semble que les hauts responsables d’Algérie Poste veulent éviter que leur gestion soit placée sous la surveillance des représentants des travailleurs affiliés à la PTTN. Ce qui aggrave l’opacité régnant en ce moment au sein de cette grande entreprise étatique. Celle-ci enregistre depuis 2015 un chiffre d’affaires dépassant les 30 milliards de Da, à savoir près de 300 millions de dollars.

Une manne financière qui suscite des convoitises et attisent les “vautours”. D’où la mise à l’écart des délégués syndicaux de la PTTN, nous expliquent de nombreuses sources internes.

Rappelons enfin que le Comité de Participation dans une entreprise publique en Algérie a pour mission de recevoir les informations qui lui sont communiquées au moins chaque trimestre par l’employeur, de suivre l’évolution de la production des biens et des services, des ventes et de la productivité du travail, de contrôler le taux d’absentéisme, les accidents de travail et les maladies professionnelles, d’engager toute action appropriée auprès de l’employeur lorsque les dispositions légales et réglementaires concernant l’hygiène, la sécurité et la médecine du travail ne sont pas respectées.

Mais les missions les plus importantes d’un Comité de Participation demeurent le contrôle des œuvres sociales de l’organisme employeur et la consultation des états financiers de l’organisme employeur : bilans, comptes d’exploitation, comptes profits et pertes. En Algérie, la loi en vigueur assure la participation des travailleurs au sein de cette organe de gestion.