Alors que l’Algérie érige l’interdiction des importations en un dogme absolu pour s’en sortir face  à la crise financière, les dernières statistiques indiquent une très forte dépendance vis-à-vis des importations alimentaires. 

Pire qu’une dépendance, l’Algérie est “addict” aux importations alimentaires. Au moment où le dinar est en chute libre et les ressources en devises se raréfient, les autorités algériennes assistent impuissante face à l’augmentation vertigineuse de la facture des importations des produits alimentaires notamment des céréales, semoule et farine. Représentant plus de 36% des importations alimentaires de l’Algérie, leur facture a grimpé à 816,2 millions de dollars contre 752,5 millions usd, soit une augmentation de près de 64 millions de dollars (+8,5%) entre les deux périodes de comparaison.

Ces dépenses onéreuses interviennent au moment où l’Etat algérien a organisé cette semaine les assises nationales de l’agriculture. Un événement au cours duquel le gouvernement a manifesté son optimisme.

Et pourtant, les chiffres démontrent l’exact contraire : la facture d’importation du Groupe des produits alimentaires a atteint 2,245 milliards de dollars (mds usd) entre janvier et fin mars 2018, contre 2,25 mds usd durant la même période de 2017, soit une baisse légère de 5 millions de dollars (-0,22%), a révélé mercredi le Centre national de l’information et des statistiques des Douanes (Cnis).

Les importations des laits et matières premières des produits laitiers ont également enregistré une hausse en s’établissant à 415,84 millions usd contre 411,38 millions usd, en hausse de près de 4,5 millions usd (+1,1%). En revanche, les importations pour le reste des produits alimentaires essentiels ont enregistré des baisses très légères.

Ces données sont de véritables indicateurs de l’état de santé de l’Algérie. Un pays qui ne produit toujours pas ce qu’il doit manger et boire. Et toutes les mesurettes récemment adoptées se sont soldées par un échec retentissant.