L’Entreprise nationale des appareils de mesure et de comptage (AMC) dont le siège se situe à EL Eulma, cumule plus de 35 ans d’activité et est détenue à 100% par Sonelgaz.

Cette société met en vente des compteurs d’électricité, des disjoncteurs et des détendeurs de gaz conçus fabriqués en Algérie par ses propres ingénieurs.

AMC fournit la majeure partie des compteurs d’électricité et de gaz utilisés par les consommateurs algériens. Ainsi, sur les 8 millions de compteurs en marche, 90%, soit 7 millions, sont fournis par cette société…

Les régulateurs de gaz destinés aux abonnés de la Sonelgaz sont installés en amont d’un compteur à gaz. Ils peuvent être employés sur toutes les canalisations de distribution de gaz qui relient les abonnés à usage domestique.

Le 18 Avril 2018, la Compagnie de l’Engineering de l’Electricité et du Gaz (CEEG), chargée de la maîtrise d’œuvre des projets de réalisation d’infrastructures énergétiques, saisit AMC par écrit au sujet d’anomalies constatées sur les régulateurs de gaz.

Dans ce document qu’Algeriepart s’est procurée, la CEEG informe AMC que l’unité commerciale d’Oran avait constaté des incohérences contrevenant aux spécifications techniques et liées aux N° de séries, absents sur les détendeurs.

Pire encore, la CEEG constate même que les N° de séries ne se suivent pas dans les cartons reçus et pour certains détendeurs les N° de série sont effacés ou illisibles !

La CEEG a déclaré les lots envoyés par AMC pour réception technique non conformes aux normes et spécifications techniques en vigueur !

Les tests font craindre le risque de fuites de gaz sur les détendeurs de gaz qui sont destinés à des programmes immobiliers collectifs type LPA et AADL entre autres…

Il faut savoir pourtant que ces produits sont homologués par le Centre de recherche et de développement de l’électricité et du gaz (CREDEG), un établissement d’homologation faisant partie…du groupe Sonelgaz.

Que s’est-il véritablement passé ?

Selon les informations que nous avons pu recueillir, plusieurs responsables intègres auraient refusé d’approuver la conformité de ces dispositifs, y ayant détecté une faille de sécurité dangereuse, alors que selon la même source, le Président Directeur Général (PDG) aurait ordonné l’emballage des produits et leur mise en vente pour des considérations liées aux objectifs financiers…

Pour ce faire, Mr Ardjane Abdelhakim, PDG d’AMC depuis Avril 2018, aurait mis en congé forcé le chef service du contrôle, et aurait ainsi procédé à l’expédition de 1300 détendeurs non conformes à Oran…

 

 

 

 

 

 

Mr Ardjane Abdelhakim, PDG d’AMC

 

On imagine le nombre de pertes humaines causés par les fuites de gaz si ces détendeurs avaient été installés dans les nouvelles cités…

Suite à cette gestion catastrophique, plusieurs cadres démissionnaires ou mis en retraite anticipée, seraient prêts à dénoncer la politique suicidaire du PDG d’AMC, nous annoncent nos sources.

 »Quand le Directeur Général a senti que l’affaire allait s’ébruiter, il a préféré suspendre et licencier Le Directeur de Production. Un simple bouc émissaire’’ affirme une source interne aujourd’hui même.

Comment cette entreprise espère-t-elle passer à l’exportation en direction de l’Afrique et poursuivre les négociations qui avaient été entreprises avec des sociétés sénégalaises alors que le Manager principal tente d’écouler des produits non conformes ?

Mr Saâdi, Responsable commercial, avait signalé qu’AMC assurait une veille commerciale et concurrentielle permanente pour tester les appareils mis en vente, notamment ceux issus de l’importation…

Il est difficile de croire qu’AMC puisse signaler toute anomalie détectée au CREDEG et communiquer sur tous les dangers auxquels sont exposés les consommateurs avec les produits contrefaits, alors qu’elle-même commercialise des produits dangereux et non conformes…

Surtout comment AMC peut encore justifier sa certification ISO 9001, quand on sait que cette norme définit des exigences pour la mise en place d’un système de management de la qualité pour les organismes souhaitant améliorer en permanence la satisfaction de leur client et fournir des produits et services conformes…

L’incompétence est-elle en phase de devenir la norme ?