Le célèbre et controversé général Khaled Nezzar, l’ancien ministre de la Défense Nationale pendant les années 90, a reconnu ce lundi à Alger qu’il fait des affaires et s’est reconverti dans le business. L’homme qui a été l’un des cinq membres de ce Haut Comité d’État (HCE) entre 1992 et 1994 a expliqué qu’il vient d’acquérir des palmiers dans la région de Biskra. 

« Et je n’ai rien à me reprocher », a ajouté le général à la retraite lors d’une conférence de presse animée à l’hôtel El-Aurassi pour la présentation de la réédition de ses mémoires. Le général Khaled Nezzar est donc un homme d’affaires qui s’assume sans aucune gêne. Ceci dit, l’ancien patron de l’armée algérienne et ancien ministre de la défense nationale entre 1990 et 1993 n’a fourni aucune explication à propos des origines des fonds avec lesquels il finance ses divers projets. Le général Khaled Nezzar banalise ainsi les relations sulfureuses qui lient la politique au monde l’argent dans notre pays.

Sans aucun complexe, Khaled Nezzar explique aux algériens qu’il s’est enrichi et développe des affaires alors qu’officiellement il ne fut qu’un ancien commis de l’Etat en sa qualité de haut gradé de l’armée algérienne. Une fonction qui offrait une rémunération dérisoire ne permettant nullement de bâtir un empire économique. En juillet 2002, l’ancien chef d’état-major, le général Mohamed Lamari, décédé en février 2012, avait démontré la faiblesse des salaires des généraux algériens en révélant publiquement « son attestation de revenu mensuel et son bulletin de solde ». « Vous constaterez que le chef d’état-major perçoit 98.000 DA par mois », avait lancé à l’époque le chef de l’Etat-Major de l’Armée algérienne. Un salaire qui ne peut nullement enrichir un général à la retraite pour lui permettre, par la suite, de se lancer dans des business florissants.

Pour rappel, Algérie Part avait révélé auparavant les multiples affaires du général Khaled Nezzar et de sa famille notamment son fils Lotfi.  Khaled Nezzar est lui-même actionnaire et président du Conseil d’administration de la SPA Smart Link Holding. Basée à Hydra, cette société réalise des investissements dans tous secteurs confondus. Elle est également un cabinet d’études et d’assistance en investissement. Mais d’où provient tout cet argent ? Le général à la retraite n’est guère bavard sur cette très délicate question.